Haude-Marie Thomas

Journaliste indépendante

Journaliste indépendante, je suis installée en Bretagne et je m’intéresse aux questions d’environnement, d’agriculture et aux problématiques maritimes. Très heureuse sur le terrain – même à cinq heures du matin, dans les effluves de gasoil d’un bateau de pêche -, je passe aussi beaucoup de temps à éplucher les textes législatifs et rapports parlementaires.

Agriculteurs

Algues vertes : un mal de mer qui revient au galop

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« J’ai vu mon cheval arrêter de ventiler », confie le cavalier au journal de 20 heures de France 2 (16’55) peu après son accident. Il traversait le ruisseau du Roscoat qui débouche sur la plage de Saint-Michel-en-Grève. Le cavalier a été sauvé par des employés de l’entreprise de ramassage d’algues, témoins des faits.

La laitue de mer se consomme fraîche après une récolte au printemps. Elle se mange cuite ou crue, sa saveur est proche des épinards. Et comme pour le plat préféré de Popeye, on lui prête des atouts nutritifs intéressants en raison de sa teneur en fer.

L’Ineris a été sollicité pour estimer les teneurs en hydrogène sulfuré et déterminer la présence d’autres composés gazeux toxiques susceptibles d’être émis par les algues vertes (ou ulves) en cours de fermentation. « Ces résultats ont confirmé la nécessité d’appliquer des mesures de prévention visant à éviter l’accumulation et la fermentation des algues dans des lieux accessibles au public, par des actions de ramassage », a précisé l’Ineris.

« D’une manière générale, on peut estimer en Bretagne la part de l’azote non agricole à 5% en moyenne, cette part pouvant dans certains cas monter entre 5 et 10% du flux sortant », expliquent les scientifiques Alain Ménesguen (Ifremer), Pierre Aurousseau (Agrocampus Ouest), Patrick Dion (Ceva) et Patrick Durand (Inra).

Un an après le déclenchement du premier plan algues vertes, demandant à l’agriculture des efforts conséquents, des éleveurs ont défilé au Space, un salon professionnel, avec des panneaux « Algues vertes : arrêtez vos salades », souhaitant pointer une responsabilité partagée.

Lors du premier bilan, en 2013, une dizaine d’opérateurs étaient certifiés bio pour une production d’environ 250 tonnes d’algues par an. Au total, la production française est aujourd’hui estimée à un peu plus de 70 000 tonnes par an.

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Au coeur de l’été 2009, un cheval a succombé en l’espace d’une minute, enlisé dans une mare d’algues vertes. Son cavalier, lui, s’est évanoui. Soudain, ce dossier sanitaire a quitté les seules préoccupations bretonnes pour occuper la une des journaux nationaux et internationaux. Pourquoi cet accident, qui pourrait un jour se reproduire, a-t-il tant marqué ? Huit ans après, retour sur ces batailles feutrées.

Le 28 juillet 2009, alors que le chassé-croisé des juillettistes et aoûtiens bat son plein en Bretagne, un cavalier frôle la mort à Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor). Son cheval, enlisé dans les algues, succombe à un œdème pulmonaire en moins d’une minute, sans eau ni vase dans ses poumons. Vincent Petit, 27 ans, s’évanouit instantanément.