Zoé Baillet

Journaliste

On me reproche souvent d’être trop curieuse, alors j’ai fait en sorte que mon métier soit de poser des questions. Depuis, j’en profite au quotidien pour apprendre de l’autre et tenter de mieux cerner notre société et ses enjeux.

humanitaire

B. Kouchner : « Madame Merkel nous a donné une leçon de droits de l’Homme »

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Sorte de carnet de voyage, le livre L’île de lumière, publié par Bernard Kouchner en 1980, retrace dans le détail toute cette épopée humanitaire.

Créé en 1950 pour venir en aide aux populations déplacées pendant la Seconde guerre mondiale, le HCR a depuis assuré la protection de 50 millions de réfugiés et demandeurs d’asile. Ses missions vont de la reconnaissance du statut de réfugié à la gestion de camps humanitaires.

Difficultés économiques, maîtrise accrue des flux migratoires… Rien ne laissait présager, dans les années 1970, que l’État français viendrait en aide à des milliers de réfugiés. Plus étonnant encore : c’est d’abord la droite qui s’est mobilisée. Un scénario atypique que la sociologue Karine Meslin a décortiqué pour le Groupe d’information et de soutien des immigrés en 2006.

En 2013, c’est avec le témoignage de François Herbelin, commandant de L’Île de lumière, que le quotidien La Croix est revenu sur l’opération humanitaire lancée en mer de Chine à la fin des années 1970.

« Wir schaffen das » avait promis Angela Merkel en 2015 alors qu’elle décidait d’ouvrir les frontières de son pays aux réfugiés. « Nous y arriverons ». Deux ans plus tard, près d’1,2 millions de demandeurs d’asile sont arrivés sur le territoire. En 2016, 256 000 d’entre eux auraient obtenu leur statut de réfugié tandis que 25 000 se sont vus déboutés. Si l’intégration de ces réfugiés semble sur la bonne voie, la chancelière allemande n’a pas tardé à refermer la porte sous la pression politique.

Des embarcations de fortune malmenées par la mer, des hommes, des femmes et des enfants à bord, fuyant la détresse de leur pays, espérant l’aide de la communauté internationale. Cette image frappe par son actualité. Elle nous rappelle le périple entamé par des milliers de famille en Méditerranée. Différence de taille : en 1978, la France et les Français ont répondu à l’appel au secours de ces boat-people embarqués en mer de Chine. Au total, près de 150 000 d’entre eux ont été accueillis. Bernard Kouchner nous replonge dans une époque où la solidarité semblait plus évidente.

Plus de 5 000. Rien qu’en 2016, ils ont été plus de 5 000 pères, mères, enfants, frères ou soeurs à disparaître en Méditerranée, tentant par tous les moyens de rejoindre l’Europe pour fuir les atrocités auxquelles ils étaient confrontés dans leur pays. Plus de 5 000, d’après l’ONU ou l’Organisation internationale pour les migrations, mais qui sait combien sont ces corps engloutis sans que quiconque ne puisse en rendre compte ?

Depuis le début des années 2010, ces images de naufrages affluent régulièrement sur nos écrans, provoquant plus ou moins d’émoi, c’est selon, mais pas assez pour rendre l’accueil de ces personnes en fuite évident. Croissance en berne, courbe du chômage déjà difficile à inverser, manque de logements… Les raisons invoquées pour s’éviter la venue de quelques milliers de réfugiés ne manquent pas.

médias

Top Chef, meilleur ennemi de la gastronomie ?

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Oui chef ! en 2005 ? C’était lui ! Après avoir constitué la brigade de son futur restaurant sur M6, Cyril Lignac n’a plus jamais vraiment quitté la chaîne. De Vive la cantine ! à M.I.A.M en passant par Top Chef et maintenant Le meilleur pâtissier, le chef parisien le reconnaît volontiers : la télévision a lancé sa carrière. « Si j’en suis là aujourd’hui, si j’ai un groupe indépendant avec mes pâtisseries et mes restaurants, c’est aussi grâce à l’argent que j’ai gagné avec M6. Donc je lui dois beaucoup », indiquait-il au Figaro en 2015.

De Cyril Lignac à Jean Imbert en passant par Jean-François Piège, les chefs inondent Instagram de leurs plats et de leur trombine. Une pratique qui semble plaire à en voir les 400 000 abonnés dont peut par exemple se targuer le chef Lignac. À tel point que même les Alain Ducasse ou Paul Bocuse s’y mettent.

La recette fonctionne tellement bien que chaque chaîne ou presque y va désormais de son émission culinaire. En mars dernier, Télérama proposait un tour d’horizon des différentes formules proposées.

En février dernier, Vice et l’INA se sont replongés dans les archives de la télévision française et de toutes ses émissions mettant la cuisine à l’honneur. De quoi (re)découvrir quelques vidéos savoureuses tout en lisant le décryptage d’Olivier Roger, spécialiste en histoire audiovisuelle.

« C’est une première », insistait Le Monde d’entrée de jeu dans un article paru en novembre 2010. La première fois qu’une gastronomie est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Si l’organisation a souhaité saluer le repas à la française, ce n’est pas tant pour ce qui se trouve dans l’assiette, mais parce qu’il relève d’une « pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes ».

Tout a commencé autour d’une salade de haricots verts al dente. En 1964, les critiques gastronomiques Henri Gault et Christian Millau goûtent ce plat chez Paul Bocuse et s’émerveillent de sa simplicité. Se libérer des carcans de la cuisine traditionnelle française, voilà l’idée de la « nouvelle cuisine », expression qu’ils emploieront dans un manifeste en 1973. Finis les plats en sauce préparés en suivant une recette à la lettre, place aux légumes fraîchement cueillis, à la spontanéité, au minimalisme, bref à la modernité !

Casserole de sauce brûlante jetée par colère, coup de genou pour un plat mal réalisé… Voilà les sévices que plusieurs employés du Ledoyen, restaurant tenu par Yannick Alléno, disent avoir subi en mars 2015. Avant eux, c’est depuis les cuisines de Joël Robuchon que des plaintes similaires se sont fait entendre. Après des années d’omerta, voilà que le voile s’est levé sur les pratiques managériales de certains étoilés. De quoi en motiver d’autres à s’emparer du problème, notamment en signant un manifeste : « Touche pas à mon commis ».

Philippe Etchebest, Thierry Marx, Jean Imbert ou Norbert Tarayre. Des noms sur lesquels la plupart d’entre nous met facilement un visage depuis leur passage, en tant que juré ou candidat, dans l’émission Top Chef. Avec son concours de cuisine, M6 propulse de nombreux chefs professionnels sur le devant de la scène depuis 2010. Des toqués barbus, tatoués, souriants, qui, s’ils ont beaucoup à gagner en crevant l’écran, dépoussièrent aussi l’image de la gastronomie française.

Lundi 22 février 2010, 20h40. Fin de repas pour les Français, direction le canapé, zapette à la main. Ce soir, M6 lance un nouveau programme. Après Oui Chef !, né en 2005, ou Un dîner presque parfait, diffusé depuis 2008, la chaîne exploite un peu plus le filon des émissions culinaires. « Le plus grand concours de cuisine de l’histoire télévisuelle » débarque sur le petit écran, prévient-elle dans la bande-annonce de Top Chef.

Cette fois, pas de brigade à constituer pour l’ouverture d’un restaurant. Pas non plus de cuisiniers du dimanche qui s’invitent tour à tour et se jugent entre eux. Pour ce nouveau rendez-vous du lundi soir, place à douze jeunes cuisiniers professionnels, prêts à « s’affronter lors d’épreuves culinaires particulièrement relevées », pour tenter de remporter 100 000 euros et réaliser le projet dont ils rêvent. Départagés par un « jury prestigieux », composé des « plus grands chefs de France », ils jouent « leur carrière dans ce concours », proclame M6. Pour les épauler ? Une tête toquée devenue tête d’affiche de la chaîne, le chef Cyril Lignac.

L’info en contexte

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utopie

Les ex-Lejaby : good coop’, bad Scop

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Après une succession de plans sociaux depuis le début des années 2000 et un placement en liquidation judiciaire en décembre 2011, le fabricant de lingerie Lejaby est repris pour un euro symbolique en janvier 2012. C’est Alain Prost, ancien PDG de La Perla, qui en prend les rênes. L’une de ses premières décisions ? Fermer l’usine d’Yssingeaux « pour finir de délocaliser la fabrication dans le Maghreb », écrivait Le Point. « Une nouvelle marque baptisée Lejaby-Luxe […] sera fabriquée en France, à Rillieux-la-Pape, par une quarantaine de personnes si le projet démarre bien », indiquait le nouveau patron.

« Vous êtes sûres que ce projet est réaliste ? ». C’est la question que nombre d’anciennes corsetières des ateliers Lejaby ont posé à leurs collègues en train de lancer Les Atelières, comme le relate un article du Parisien en novembre 2012. Au final, moins de dix anciennes salariées de Lejaby prendront part au projet.

Le fonctionnement des SCOP et des SCIC se ressemble beaucoup. Principale différence : la composition du capital. Dans les SCOP, les salariés sont les associés majoritaires et détiennent plus de 51% du capital. Du côté des SCIC, le sociétariat est plus ouvert. « Le capital peut être détenu également par les bénéficiaires de l’activité (les clients, les usagers, les fournisseurs) et par une troisième catégorie d’actionnaires regroupant des collectivités locales, des bénévoles, des financeurs, etc. », explique le ministère de l’Économie et des Finances.

Si le modèle coopératif se veut plus humain et démocratique, « le statut ne vaut pas vertu », insiste Hervé Charmettant, du Projet Scop. « Les dérives sont possibles, le statut peut entraîner un surengagement de la part des salariés qui peut aller jusqu’à une forme d’auto-exploitation par exemple », ajoute l’économiste.

Récemment, L’Imprévu s’est intéressé à ce principe de la flexisécurité, au travers d’une mesure bien précise : la possibilité de mettre fin à un contrat de travail par une rupture conventionnelle. Instaurée en 2008, elle n’a pas vraiment permis la pacification espérée entre employeurs et salariés…

Elle était belle l’histoire des Atelières, ces anciennes couturières de Lejaby qui, mises à la porte sans ménagement, créaient leur entreprise. Elle était belle l’histoire de ces « petites mains » devenant leurs propres patronnes pour préserver leurs emplois, pour défendre le made in France. Elle était belle l’histoire, jusqu’à ce qu’un jour de février 2015, elle prenne fin. S'il a été très médiatisé, l’échec des Atelières est pourtant loin de symboliser le monde des sociétés coopératives.

Dernier coup d’aiguille. En ce mois de février 2015, après deux années d’existence, l’aventure Les Atelières doit s’arrêter. Placée en liquidation judiciaire, l’entreprise créée par et pour d’ex-couturières Lejaby, n’a pas gagné son pari. Dans l’atelier situé à Villeurbanne, près de Lyon, la déception est grande. « Ce n’était pas une surprise. On s’y attendait, mais quand c’est dit de vive voix, c’est toujours plus dur », réagit la déléguée du personnel Amandine Bardy. D’autant que, pour certaines des quelque 30 salariés, le scénario n’a rien d’inédit.

Trois ans plus tôt, en janvier 2012, elles ont déjà connu cette amertume, lorsque l’atelier de couture Lejaby, situé à Yssingeaux en Haute-Loire, a mis la clé sous la porte. Après les locaux de Bourg-en-Bresse, Bellegarde-sur-Valserine et du Teil, fermés en 2010, c’est le dernier site de production française de la marque de lingerie qui a disparu à son tour. Sur le carreau, une centaine d’ouvrières, souvent embauchées depuis 30 ans, habitantes d’une commune d’à peine 7 000 âmes qui perdait là l’un de ses principaux employeurs. Les « filles de Lejaby » deviennent alors le symbole d’une population française touchée par la désindustrialisation de son territoire.

« L’industrie française, surtout celle du textile, c’est quelque chose qui m’a toujours beaucoup intéressée. » Rencontrée un après-midi de fin septembre, Muriel Pernin est fidèle à l’image qu’elle renvoyait en 2012, foulard coloré noué dans les cheveux en moins : une femme forte, de caractère. Directrice d’une agence de communication à Villeurbanne, c’est elle qui est venue ouvrir d’autres horizons à ces couturières en souffrance.

politique publique

« Salle de shoot » : après un an, Paris réussit ?

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Ni prévenir, ni guérir, mais proposer un lieu pour consommer de la drogue en toute sécurité. C’est le concept des « salles de shoot », officiellement salles de consommation à moindre risque, des espaces qui fleurissent un peu partout en Europe depuis une trentaine d’années. En France, il a fallu attendre octobre 2016 pour qu’un tel dispositif voie le jour, non sans susciter polémiques et scepticisme. Après tout, quel intérêt à « aider » les consommateurs à se droguer ? Un an plus tard, début de réponse…

On la connaît surtout sous le nom de « salle de shoot ». Le 17 octobre 2016, la première salle de consommation à moindre risque (SCMR) ouvrait ses portes à Paris, à côté de la gare du Nord. Loin de faire l’unanimité, l’espace devait permettre d’améliorer la santé des uns et la tranquillité des autres. Un an plus tard, les premiers résultats se font-ils ressentir ? Chef de service du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) de Gaïa Paris, l’association qui gère la salle jour après jour, José Matos dresse le bilan.

Voilà un an que la salle de consommation a vu le jour. Comment s’est passée cette première année ? 

Cette salle, nous l’attendions depuis longtemps. Avec l’association, nous sommes présents dans le secteur de la gare du Nord depuis plus de dix ans. Ce lieu constitue certainement la plus grosse scène d’usage de drogues injectées de France. Nous rencontrons environ 2 300 personnes différentes chaque année. Beaucoup d’entre elles se trouvent dans une situation de très grande précarité : elles vivent dans la rue, dans des squats, n’ont plus de carte d’identité, plus de couverture maladie… Du coup, elles s’approvisionnent et consomment dans la rue, dans les cages d’escaliers ou dans les toilettes publiques, ce qui représente une énorme prise de risques. Ouvrir une salle de consommation, c’était donc améliorer la santé de ces usagers, mais aussi les conditions de vie des riverains du quartier.

Gardons le contact

Santé

Greffe de visage : l’exploit chirurgical était-il souhaitable ?

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La nuit de l’incident, Isabelle Dinoire avait ingéré un « grand nombre de somnifères » selon ses propres mots. Tentative de suicide ou accident ? La question a agité le milieu médical avant l’opération, l’état psychologique du patient ayant une grande influence pour l’acceptation du greffon.

C’est aussi en France, à Lyon, que la première greffe de main au monde a été réalisée sur un patient australien, qui avait été amputé à la suite d’un accident. L’opération avait déjà été très médiatisée, des images de l’intervention étant diffusées à la télévision.

Mise en place en 2004, l’Agence de la biomédecine intervient dans quatre domaines : le prélèvement et la greffe, la procréation, l’embryologie et la génétique humaines. Pour ce qui concerne les greffes, elle gère notamment la liste nationale des malades en attente de greffe. Dans le cas de projets de recherche, comme celui qui portait sur la greffe de visage, elle tient un rôle d’accompagnateur plutôt que de décisionnaire.

Images de l’opération, révélations sur l’identité de la receveuse ou de la donneuse…. Avec la première greffe de visage et la médiatisation qui l’a accompagnée, nombre de règles du code de déontologie médicale ont été mises à mal. Jusqu’à motiver le Conseil national de l’ordre des médecins à rappeler publiquement à l’ordre les praticiens ayant été impliqués de près ou de loin dans cette opération.

En mars 2010, une greffe de visage, dite totale, est réalisée en Espagne. Sont transplantés le nez, les lèvres, l’os maxillaire supérieur, les dents, le palais, les pommettes et la mandibule. Mais trois mois plus tard, en juin, une autre opération, menée cette fois par une équipe française — celle du Pr Lantieri —, vient lui faire concurrence et s’avère plus complète. Les paupières et le système lacrymal ont également fait partie de la transplantation.

Si certains rejets peuvent être contrôlés et contenus grâce à l’ajustement des traitements pris par le receveur d’une greffe, d’autres ne peuvent être évités. La plupart du temps pour des causes immunologiques, le rejet chronique mène ainsi à l’altération irréversible du greffon.

Si l’avis donné par le CCNE n’est que consultatif, certaines autorisations sont indispensables pour pouvoir lancer un essai clinique : celles de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et d’un comité de protection des personnes (CPP).

Son visage avait fait le tour du monde. Ou plutôt son nouveau visage. À la fin de l’année 2005, la Française Isabelle Dinoire devenait la première patiente au monde à bénéficier d’une greffe de la face après avoir été mordue par son chien. Une opération spectaculaire, véritable exploit chirurgical qui, douze ans plus tard, soulève toujours autant de questions. Car si la médecine dispose des compétences pour lui redonner un menton, un nez ou une bouche, le patient, lui, est-il capable d’accepter le visage d’un autre ?

« La femme aux deux visages. Reportage exclusif dans le bloc opératoire », titre Paris Match en ce jeudi 8 décembre 2005. En couverture, trois chirurgiens en pleine opération. Leur fait d’armes ? Il y a quelques jours, le 27 novembre, ils ont réalisé une intervention hors du commun au Centre hospitalier universitaire d’Amiens : la première greffe de visage au monde.

Cette « allotransplantation de tissus composites au niveau de la face », selon le terme médical, c’est Isabelle Dinoire, une Valenciennoise de 38 ans, qui en a bénéficié. Six mois plus tôt, sa chienne l’a violemment mordue, laissant en lieu et place de son bas de visage un « grand trou ». De nombreux gestes du quotidien lui sont alors devenus impraticables : avaler sa salive, manger, fumer, faire la bise… Plus insupportable encore était pour elle la sensation d’avoir perdu toute identité. « C’était monstrueux, traumatisant, inmontrable. Devant le miroir, l’impression que ce n’était pas moi ne me quittait pas. C’était comme de la science-fiction », se confiait-elle plus tard dans les colonnes du Monde. La moindre sortie, même au supermarché, était devenue pour elle un supplice : « Les gens […] s’éloignaient de moi. C’était horrible. »