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Agriculteurs

L’avenir de l’élevage, des mille vaches aux mille débats

nathalie-picard

Cette technique consiste à dégrader de la matière organique dans un milieu sans oxygène, grâce à l’action de bactéries. Le gaz produit, appelé « biogaz », peut ensuite être valorisé sous forme d’électricité ou de chaleur dans une centrale en cogénération. La capacité importante du méthaniseur voulue par le groupe Ramery lui permettrait de traiter les matières organiques issues de son élevage ainsi que des déchets extérieurs à l’exploitation.

Riches en azote, les effluents d’élevage – déjections animales (lisier, fumier), eaux de nettoyage des bâtiments… -, ne peuvent pas être rejetés directement dans la nature. L’épandage est l’une des méthodes de traitement autorisées. Elle consiste à répandre les effluents sur les terres agricoles. La superficie nécessaire est réglementée, afin de ne pas surcharger les terres en azote.

En septembre 2015, la cour d’appel d’Amiens allège les sanctions : les peines de prison avec sursis sont supprimées et remplacées par des amendes de 1 500 à 5 000€ avec sursis.

L’Institut de l’élevage est un organisme de recherche et de développement dont l’objectif est d’améliorer la compétitivité des élevages herbivores et de leurs filières. Il fonctionne avec le statut d’association loi 1901.

Parmi les piliers du modèle d’agriculture paysanne promu par le syndicat, l’autonomie est essentielle : dégager un revenu en maîtrisant les charges, faire ses propres choix ou limiter sa dépendance vis-à-vis de l’amont et de l’aval de la filière. Autre élément : faire en sorte que sa ferme soit transmissible, c’est-à-dire qu’elle puisse être reprise et permettre de dégager un revenu.

Le lait produit dans l’immense ferme picarde est désormais vendu en Belgique. Suite à la mobilisation contre le projet, une forme de boycott s’est mise en place en France. « Plus aucune enseigne de distribution ne veut de ce lait dans ses rayons ! », confiait ainsi en 2015 un représentant de la Confédération paysanne.

Alors qu’une ferme laitière compte en moyenne 58 vaches, celle des « mille vaches » détonne dans le paysage français. Érigée par ses détracteurs en symbole de l’industrialisation de l’agriculture, l’exploitation picarde se trouve depuis cinq ans au cœur d’un vaste imbroglio judiciaire. L’occasion de s’interroger sur l’avenir de la production laitière et de l’élevage français dans son ensemble.

18 février 2012. Des centaines de manifestants se donnent rendez-vous à Abbeville, dans la Somme, pour protester contre le projet d’installation d’une vaste ferme-usine. « Cruauté animale, argent sale », scandent les participants au rythme des tambours. En tête de cortège, un message s’affiche en lettres rouges sur une large banderole blanche : « Non à l’usine à vaches. Santé en danger ». C’est la première manifestation d’ampleur organisée par l’association Novissen – Nos villages se soucient de leur environnement – créée en novembre 2011 par un collectif de riverains opposés au projet. D’autres organisations la soutiennent, notamment la Confédération paysanne ou l’association L214, qui milite pour l’abolition de toute forme d’exploitation animale et donc de l’élevage. « Nous avons brandi nos pancartes pour la libération animale et la dénonciation de l’élevage intensif », se souvient Brigitte Gothière, porte-parole de l’association, « Les habitants étaient surpris de nous voir si nombreux, venus de loin pour soutenir leur cause. C’était notre première rencontre. » La première d’une longue série.

Agriculteurs

Agriculture biologique : quand germe la conversion

pierre-leibovici

L’appellation « agriculture biologique » suppose de respecter un cahier des charges qui varie selon le type d’exploitation : aucun pesticide ni OGM pour les cultures ; des aliments bio et un élevage en partie en plein air pour les bêtes.

Durant la période dite de « conversion », l’agriculteur respecte le cahier des charges de l’agriculture biologique, mais il ne bénéficie pas encore du label pour ses productions. La durée de la conversion varie grandement selon l’activité de la ferme : de six semaines pour les poules pondeuses à deux ans pour les cultures annuelles, voire trois ans pour les vignes.

La « Révolution verte » fait référence à la période des années 1960 à 1990 durant laquelle de nouvelles techniques ont permis d’augmenter la productivité agricole. Outre l’apparition de variétés de plantes à haut rendement, c’est surtout le recours massif aux pesticides et engrais de synthèse qui marque cette époque.

C’est sur ces mots que débute la première vidéo de celui qui se présente comme un « agrigeek ». Ce qui l’a motivé à filmer, jusqu’à aujourd’hui, plus de 170 séquences pour raconter son quotidien ? Son fils, moqué à l’école parce qu’il était enfant d’agriculteur.

Selon les chiffres communiqués par le directeur de l’Agence Bio, Florent Guhl, on recense environ 300 déconversions de fermes bios depuis le début de l’année 2016. La moitié d’entre elles s’expliqueraient par des raisons économiques, notamment la fin des aides à la conversion pour les agriculteurs ayant entamé la démarche il y a 5 ans. Sur la même période, plus de 1 300 exploitations se sont converties cependant.

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L’agriculture biologique se répand, et pas seulement dans les rayonnages des supermarchés. Depuis 2014, les producteurs qui font le choix du mode de production bio sont de plus en plus nombreux. D’où vient cette vague de conversions ? Une exploration des fermes converties ou en voie de l’être donne au moins une réponse certaine. Si l’agriculture biologique gagne les terres françaises, son développement reste bien en deçà des ambitions affichées par les pouvoirs publics : seulement un quart de l’objectif national fixé pour 2020 a été atteint. Née du Grenelle de l’environnement, sur lequel nous revenions en avril dernier, cette promesse est restée en jachère. L’imprévu part à la rencontre de celles et ceux qui tentent de cultiver autrement : radiographie d’une France agricole qui peine à se verdir.

Pour l’occasion, les dorures des salons du ministère de l’Écologie avaient cédé leur place à de larges panneaux verts. Les sourires et les plantes parsemaient les couloirs. La nature semblait chez elle, tout comme ses porte-parole, rassemblés durant trois longues et prometteuses journées, en octobre 2007. Le Grenelle de l’environnement, la grand-messe écologique impulsée par le président de la République d’alors, Nicolas Sarkozy, battait son plein.

Autour de la table, des ministres, bien sûr, mais aussi des responsables d’ONG comme Yannick Jadot, ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, ou Nicolas Hulot. Ce dernier, invité au journal de 20 heures de France 2 à la clôture des négociations, attribuait la note de « 18 sur 20 » au Gouvernement pour son volontarisme.

Parmi les mesures phares annoncées ce soir-là, il en est une qui a marqué le monde paysan. Gravée dans le marbre de la loi du 3 août 2009 relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, elle stipule que « l’État favorisera la production et la structuration de cette filière [de l’alimentation biologique, NDLR] pour que la surface agricole utile en agriculture biologique atteigne 6% en 2012 et 20% en 2020 ». Les agriculteurs allaient devoir multiplier par dix, en l’espace d’une décennie, la surface des terres cultivables lavées de tout produit chimique de synthèse.

Un coup d’œil aux derniers chiffres publiés par l’Agence Bio, l’organisme chargé de la promotion de l’agriculture biologique en France, montre que l’objectif sera difficilement atteignable : en 2015, seuls 5,1% de cette surface étaient passés en mode de production biologique.

Agriculteurs

Agriculture et méthanisation, la transition risquée

claire-berthelemy

En 2013, une enquête de l’Institut de veille sanitaire (INVS) tirait la sonnette d’alarme : près de cinq cent agriculteurs s’étaient donné la mort entre 2007 et 2009, plaçant le suicide comme troisième cause de décès après les cancers et les maladies cardiovasculaires. L’institut établissait un lien direct entre difficultés financières et suicide.

L’enquête publique dans laquelle les habitants de Dracé et alentours ont pu déposer leurs questions et doléances est consultable sur le site des services de l’État dans le Rhône.

Les unités de méthanisation sont construites sur le même principe : une cuve, un ou plusieurs digesteur en tant que tel et un moteur.

L’association AILE (Association d’Initiatives Locales pour l’Énergie et l’Environnement) est une agence créée par l’ADEME Bretagne et les Coopératives d’utilisation de matériels agricoles de l’Ouest. Elle a pour but d’accompagner les agriculteurs — entre autres — , pour le développement de projets autour des énergies renouvelables.

En 2010, près de 35% des exploitations comptaient entre 50 et 200 hectares de surface agricole ; 50% des exploitations de céréales, de bovins et de viticulture étaient considérées comme moyennes et grandes exploitations.

Les difficultés financières de certains agriculteurs les poussent à trouver des moyens de rentabiliser leurs exploitations. La méthanisation — procédé qui permet de recycler les déchets d’une ferme, entre autres, en produisant de l’énergie —, se développe peu à peu à travers les campagnes. Au prix de sacrifices financiers pas toujours rentables.

« Je veux accorder une priorité à la production d’énergies renouvelables », déclarait Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, le 28 février dernier au Salon de l’agriculture. Même si, à cette occasion, elle précisait aussi que la filière biogaz connaît encore aujourd’hui « beaucoup de difficultés » en France.

Toujours à la recherche d’une politique énergétique plus verte que le nucléaire, la ministre tenait alors l’une de ses nouvelles marottes : promouvoir le recyclage des déchets produits par l’agriculture en les utilisant pour produire de l’énergie et un compost à peine amélioré. Mais ce recyclage — via méthanisation, un procédé utilisé à foison chez nos voisins allemands —, peine à démarrer en France : alors qu’elles nécessitent un énorme investissement, les installations sont difficilement rentables pour les agriculteurs qui franchissent le pas. D’un grand plan de communication à la réalité sur le terrain, c’est un fossé qui s’est creusé entre exploitants, politiques et riverains opposés aux projets qui émergent à travers l’Hexagone.