Bug de l’an 2000, on n’a encore rien vu

À l’approche du nouveau millénaire, une peur était sur toutes les lèvres : le fameux bug de l’an 2000 allait-il mettre la société sens dessus dessous ? Si la catastrophe n’a pas eu lieu, nous vivons aujourd’hui dans un monde où la dépendance au numérique est omniprésente, de la réservation d’un train aux conversations Whatsapp, en passant par le fonctionnement tout bête de l’aiguillage des trains sur le réseau ferré.

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Réparer un ordinateur en prévision du 1er janvier 2000 ? Pas si facile... illustration CC BY Marie-Lyse Briffaud
Réparer un ordinateur en prévision du 1er janvier 2000 ? Pas si facile... (Illustration CC BY Marie-Lyse Briffaud)

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Amazon dans les choux au moment de passer commande ? Le site de la BNP inaccessible quand on clique sur « Effectuer le virement » ? Et celui de réservation de billets de train qui tombe en rade au lancement d’une promotion pour l’été ? Autant d’exemples qui montrent que nos outils du quotidien, dont Internet, restent faillibles. Et si les raisons sont variables, ça ne date pas d’hier. Il y a 17 ans — quand l’informatique et Internet n’étaient encore qu’une nouveauté pour le grand public —, le bug de l’an 2000 menaçait le bon fonctionnement de la planète. Et déclenchait déjà des vagues de panique.

Au milieu des années 1990, un étrange test pouvait être réalisé sur nos ordinateurs personnels. Il s’agissait, en commande DOS, de modifier la date du système et de la régler au 31 décembre 1999 à 23h55. Histoire de voir comment allait réagir la machine cinq minutes plus tard, au 1er janvier. C’est fébrile que chacun pouvait tester la compatibilité de son matériel avec le passage à l’an 2000. Une manière d’appréhender un potentiel « bogue », comme on le nommait à l’époque, du modem 56k et du forfait de 20 heures de connexion pour 100 francs. Pour les particuliers à l’issue de ce test, au mieux, le passage se fait sans encombre. Au pire ? Il ne se passe rien de bien grave.

Évènement millénaire, passions déchaînées

Les difficultés s’avèrent un brin différentes du côté des entreprises et des ministères. C’est dans les banques, les hôpitaux, ou dans les usines que les ingénieurs ont le plus tremblé : que faire des systèmes dont on n’est pas certain qu’ils supportent le passage au nouveau siècle ?

Il n’y aura pas d’avions qui voleront le 1er janvier 2000

Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie, déclare en novembre 1998 qu’il « est de plus en plus probable qu’il n’y aura pas d’avions qui voleront le 1er janvier 2000… ». Marylise Lebranchu, secrétaire d’État aux PME, au commerce et à l’artisanat, en appelle à la conscience des dirigeants de petites entreprises, tandis que Christian Perret, secrétaire d’État à l’Industrie, reconnait qu’il reste du boulot mais qu’il faut veiller à ne pas créer « de mouvement de panique ».

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— Journaliste

Petite, je voulais être journaliste. Adulte –  et moins par formation que par conviction – je le suis devenue. Entre les deux états, j’ai toujours posé beaucoup de questions pour comprendre le monde. Aujourd’hui, je cherche à comprendre quels enjeux se cachent derrière les problématiques de la société contemporaine : du nucléaire à la fiscalité en passant par les géants du Net, il n’y a qu’un pas (le mien).
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— Journaliste

J’ai mis du temps à découvrir que les remarques telles que « curieuse » et « pose beaucoup de questions », laissées par les instituteurs sur mes cahiers d’appréciations, constituaient un indice sur mon futur métier. Aujourd’hui, je prends du temps pour comprendre ce qui se passe autour de moi, l’analyser, le partager, avec un penchant pour les sujets de société et les progrès technologiques.

La Fabrique de l'info

Claire Berthelemy :
D’aussi loin que je me souvienne, après avoir joué sur un Amstrad pendant quelques années, j’ai eu mon premier ordinateur à partager avec le reste de la famille à la rentrée 1996. Relié à Internet un peu plus tard avec un forfait de 10 heures par mois – à partager ! – que nous, les enfants, dépassions allègrement, l’ordinateur et ses multiples possibilités ont été un terrain de jeu incroyable. Alors quand on a vu arriver l’an 2000 et les potentielles difficultés, principalement inquiets pour nos jeux et les forums, on a eu un peu peur. Certes, moins que si Kazaa et eMule, les Skyblogs et d’autres avaient existé…

Islam Abdelouali :
Encore jeune quand la peur du bug de l’an 2000 a émergé, je n’en saisissais pas encore l’ampleur. Mais en grandissant et surtout en devenant accro aux internets, ces bugs ou pire, ces attaques me questionnent. Parce que nous sommes dépendants au web et que ceux qu’on appelle les géants et leurs algorithmes possèdent nos précieuses données personnelles. Raison pour laquelle j’ai voulu explorer davantage ces enjeux et les prédictions futures qui gravitent autour.

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