Pour leur indépendance, les Tibétains soulèvent des montagnes

Records battus, victoires françaises, image sportive glorieuse… Les Jeux olympiques sont généralement des événements que l’on n’oublie pas. Mais en 2008, les JO de Pékin ont marqué les esprits avant même de débuter, quand le parcours de la flamme s’est vu perturbé par des émeutes au Tibet. Face à ces pics de tension, gouvernements et citoyens du monde s’émouvaient de concert. Pourtant, près de dix ans plus tard, les Jeux sont terminés et semblent avoir emporté avec eux l’épineuse question de l’indépendance tibétaine.

par Zoé Baillet
3 min
Des manifestants pro-Tibet brandissant des banderoles dans les rues de Paris.
Une manifestation pro-Tibet dans les rues de Paris en mars 2008. (Illustration CC BY Alain Elorza)

Le Tibet, province chinoise ou État indépendant ? Depuis des décennies, Chinois et Tibétains n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la question. Un conflit que la flamme olympique a (re)mis en lumière en 2008, lors de son parcours jusqu’à Pékin. Si les yeux du monde entier se sont alors braqués sur le plus haut plateau du globe, le Tibet a depuis retrouvé sa place à l’ombre. Olivier Guillard, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de l’Asie, revient sur cette cause oubliée.

Pourquoi des émeutes ont-elles éclaté au Tibet au printemps 2008 ?

Chaque année au mois de mars, on commémore un événement au Tibet : le départ précipité du 14e dalaï-lama [en 1959, NDLR], chef spirituel du gouvernement tibétain en exil. Cette mobilisation est toujours redoutée par les autorités chinoises, qui ne délivrent d’ailleurs jamais de visas touristiques pour cette région entre février et avril/mai.

En 2008, cette commémoration a pris une dimension particulière, du fait des JO de Pékin qui se profilaient. La Chine tenait à ce qu’aucun événement n’attire l’attention de manière défavorable sur le pays. Dès la fin de l’année 2007, les autorités ont cherché à appliquer un principe de tolérance zéro, diffusant des messages très limpides pour dissuader qui que ce soit de manifester.

Pour résister au flux d’actu, rejoignez L’imprévu !

— Journaliste

On me reproche souvent d’être trop curieuse, alors j’ai fait en sorte que mon métier soit de poser des questions. Depuis, j’en profite au quotidien pour apprendre de l’autre et tenter de mieux cerner notre société et ses enjeux.

La Fabrique de l'info

Dans le cadre d’une Avant-Veille, je m’étais (rapidement) penchée sur la question du Tibet lors de la visite du dalaï-lama à Paris et à Strasbourg en septembre dernier. Si je ne doutais pas de l’ampleur de la question, le format concis que j’ai alors dû respecter n’a fait qu’accroître mon envie de la creuser. Car plus le temps passe et moins cette cause tibétaine bénéficie de visibilité médiatique ici en France. La preuve d’un climat apaisé et d’une problématique résolue ? Pas vraiment…

Parcourez les sujets oubliés des médias, promenez-vous sur L'Imprévu !