Le CDI pour tous ? À Villeurbanne, ce n’est plus une utopie

Imaginez un territoire sélectionné pour mettre fin au chômage longue durée, où les idées fusent de toute part, où les savoirs et compétences des hommes et des femmes sont enfin mis en valeur après des années d’inactivité. C’est ce qui est en train de se passer à Saint-Jean, dans la banlieue lyonnaise, un quartier sensible qui expérimente le programme Territoire zéro chômeur.

par Elena Scappaticci
11 min
des salariés d'Emerjean
Chez Emerjean, EBE développée dans le cadre de l'expérimentation à Saint-Jean, (Villeurbanne), on compte déjà 38 salariés. Ils seront 50 en mars. (CC BY - Elena Scappaticci)

Un géographe aguerri y reconnaîtrait au premier coup d’oeil une « enclave urbaine ». Situé au nord-est de Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise, le quartier de Saint-Jean s’est développé entre des frontières parfaitement identifiables. Le canal de Jonage, d’abord, qui le borde sur ses flancs ouest et nord, l’autoroute ensuite, qui le traverse, et enfin le périphérique, ligne bruyante qui, à l’est, le distingue d’un autre quartier « sensible » de la banlieue lyonnaise : Vaux-en-Velin.

Avec les années, ces frontières naturelles ou édifiées par les hommes ont fait du quartier une véritable « forteresse » pour ses habitants. Une fois le canal séparant Saint-Jean du reste de Villeurbanne franchi, il ne reste plus rien de la vitalité économique, sociale et urbaine récente du quartier. Très mal desservi par les transports en commun, dominé par du bâti social, ce territoire affiche l’un des taux de chômage les plus élevés de France. Ici, on dénombre 400 à 500 chômeurs longue durée pour 4000 habitants. Parce que le revenu médian y est de 859 euros par mois – contre 1575 euros pour le reste de Villeurbanne -, il a également rejoint le groupe des 1296 quartiers prioritaires pris en charge par la politique de la ville. Aujourd’hui, il fait partie des pionniers de l’expérimentation Territoire zéro chômeur longue durée, lancée en février dernier. Sélectionné par l’État, c’est l’un des dix territoires, urbains ou ruraux où une nouvelle politique publique d’éradication du chômage longue durée doit se déployer sur cinq ans.

Personne n'est inemployable

Porté par l’ancien député PS Laurent Grandguillaume, le projet de loi validant sa mise en place a bénéficié il y a un an du vote unanime des deux chambres. Il porte pourtant en lui les germes d’une petite révolution : le droit à l’emploi, pour tous. « Avec ATD Quart Monde, nous sommes partis d’une intuition simple, et pourtant de moins en moins audible : personne n’est inemployable », se souvient Patrick Valentin, théoricien de l’expérimentation, lors de notre rencontre. « Sur chaque territoire, il y a des besoins non satisfaits, et des talents qui ne sont pas reconnus, ou mal exploités. L’idée est de créer les conditions pour qu’ils se rencontrent. » À rebours de la logique actuelle, qui impose au demandeur d’emploi de se caler sur une offre de travail existante, l’expérimentation prétend donc « faire travailler les personnes en se passant du marché du travail, jugé défaillant, pour offrir à tous un emploi », notent Jean-Pascal Higelé et Mathieu Béraud, chercheurs en sociologie à l’Université de Lorraine. Ce n’est donc plus la demande marchande qui crée l’emploi, mais « le projet porté par la personne au chômage ».

Personne n’est inemployable

Concrètement, il s’agit de proposer à toute personne privée durablement d’emploi et qui le souhaite, un emploi en contrat à durée indéterminée au SMIC, à temps choisi, et adapté à ses compétences. Cet emploi sera financé aux deux tiers par l’État, via le basculement des coûts estimés de prise en charge des chômeurs longue durée.

Deux salariées d'Emerjean
Les activités de l’entreprise s’adaptent aux profils des personnes recrutées, et aux activités potentiellement développables dans le quartier. (CC BY - Elena Scappaticci)

À Villeurbanne, c’est Emerjean, toute jeune Entreprise à but d’emploi (EBE), qui accueille les chômeurs longue durée désireux de participer à l’expérimentation. Lorsqu’elle a recruté Jean-Philippe, en décembre dernier, ce dernier a eu du mal à y croire. Habitant du quartier depuis son enfance, ce jeune homme de 20 ans avait toujours eu le sentiment d’être « abandonné par l’État ». Jusqu’à ce qu’il croise le chemin de la petite EBE. « J’aurais jamais pensé que c’était possible », confie-t-il, le regard joyeux. « Ma tante m’a dit : il y a une entreprise qui recrute, et en CDI, dans le quartier ! » « Lors de l’entretien de recrutement », explique-t-il, « Paul [le directeur, NDRL] m’a simplement demandé ce que j’aimais faire. Et j’ai été pris ». Une procédure de recrutement un peu particulière, dans le prolongement de la philosophie initiée par ATD Quart Monde. Aucune fiche de poste n’a été définie chez Emerjean. « Les activités de l’entreprise s’adaptent aux profils des personnes recrutées, et aux activités potentiellement développables dans le quartier. C’est un aller-retour permanent entre besoins et compétences », insiste Bertrand Foucher, président d’Emerjean.

Recruter les personnes les plus éloignées de l'emploi

« On a commencé par faire du soutien scolaire », raconte Leila. Détentrice d’une licence en biochimie, la jeune femme fait partie des douze salariés recrutés lors de l’ouverture d’Emerjean, en mars dernier. Lorsqu’elle a entendu parler du lancement de l’expérimentation, elle était au chômage depuis un an. Avant même que l’entreprise ne soit créée, elle a pu participer à des réunions hebdomadaires organisées dans le cadre de comités locaux pour préparer le dossier de candidature de son quartier à l’expérimentation. Ces comités sont les instances de pilotage locales du dispositif. Ils rassemblent tous les acteurs chargés de conduire l’expérimentation. L’ensemble des acteurs publics du territoire y est représenté, mais aussi le bailleur social de Saint-Jean, les financeurs du projet et les entreprises désirant travailler avec l’EBE. Sans oublier les premiers salariés, qui ont activement contribué à imaginer ce que seraient les activités développées par la future entreprise.

C’était en octobre 2016, et Leila mesure le chemin parcouru depuis. « Nous n’étions que douze salariés au départ. Il a fallu trouver des locaux, les rendre habitables, commencer à mettre en place des règles de fonctionnement… Et maintenant, nous sommes déjà 38, nous serons 50 en mars, et nous recevons de plus en plus de candidatures ! », se réjouit-elle. Pour le moment, beaucoup de femmes et de personnes âgées composent les effectifs d’Emerjean. De nombreuses personnes d’origine étrangère, aussi. « À Saint-Jean, ce sont les personnes les plus éloignées de l’emploi », commente son directeur, Paul Bruyelles. « Certains étaient rétifs, terrifiés à l’idée de se réinsérer, de retrouver un environnement de travail. C’étaient eux que nous devions convaincre de nous rejoindre, en priorité » ajoute-t-il : « Peut-être qu’il faudra aussi aller dans la rue ou dans les cages d’escalier pour trouver les personnes qui n’ont pas confiance en elles. Il faut montrer au bout de cinq ans que l’exhaustivité, c’est possible, et qu’en plus on crée des emplois de qualité et qui répondent à de vrais besoins à Saint-Jean. »

deux salariées d'Emerjean
Chez Emerjean, à Villeurbanne,des cours de FLE sont dispensés à ceux qui souhaitent améliorer leur niveau de français. (CC BY - Elena Scappaticci)

Mon arrivée dans les locaux de la petite entreprise coïncide avec le début du cours de FLE (Français Langue Étrangère) prodigué à quelques salariées. Parmi les élèves, il y a Salima, la cinquantaine. Le regard doux et le français hésitant, elle me dit travailler depuis septembre dans l’entreprise. À l’exception d’un bref passage dans un atelier de couture, entre 2004 et 2005, elle n’a jamais réussi à trouver d’emploi. Comme elle, plusieurs des femmes embauchées à Saint-Jean maîtrisent parfaitement la couture. Au rez-de-chaussée du petit bâtiment, un atelier a donc été aménagé pour valoriser leurs compétences. Il propose aux entreprises environnantes des services de conciergerie : retouches, repassage…

Si tous les acteurs du territoire s’impliquent, la lutte contre le chômage fonctionne

L’activité d’Emerjean s’est ainsi développée sur le tas, au fur et à mesure des arrivées, en s’adaptant aux compétences de chacun. À l’étage, où se dirige ensuite Leila, se trouve l’atelier cuisine. Là aussi, beaucoup de femmes s’affairent, en train de préparer les repas destinés à la cantine de l’entreprise située à quelques mètres des locaux d’Emerjean. Bertrand Foucher, président de l’EBE, en est persuadé : c’est dans cette logique d’ultra-proximité que se trouve la clef du dispositif TZC. « Il y a un vrai enjeu de décentralisation : nous voulons prouver qu’à cette échelle très réduite, si tous les acteurs du territoire s’impliquent, la lutte contre le chômage fonctionne. » Décentralisation, donc, mais aussi formation.

Retrouver confiance en soi

Chez Emerjean, c’est Souad qui chapeaute le dispositif. Diplômée d’un master en biochimie, la jeune femme était pourtant sans emploi depuis plus d’un an lorsqu’elle a été recrutée par Emerjean. Aidée par de nombreux bénévoles, elle forme les salariés en interne et pilote la gestion des heures de formation auprès d’organismes spécialisés attribuées gratuitement à Emerjean par la région. Les formations dispensées sont aussi diverses que les profils recrutés : informatique, BTP, gestion comptable, mais aussi…communication bienveillante. Un volet indispensable de la réinsertion, pour des personnes restées parfois éloignées pendant plusieurs années de toute forme d’interaction sociale. « J’ai l’impression de réapprendre comment me comporter avec les gens, le savoir-vivre au quotidien », avoue Cécile.

Entre deux périodes de chômage, cette mère de trois enfants travaillait comme femme de ménage intérimaire dans des entreprises. Avant Emerjean, elle n’avait jamais connu de vrai environnement de travail et apprend petit à petit à cohabiter avec ses tout premiers collègues de travail. Pour elle comme pour plusieurs d’entre eux, l’enjeu est tout autant de parvenir à recréer du lien social et à retrouver confiance en soi, que de se former à une « compétence ».

Qu’on me dise que je ne suis pas utile à la société, ça m’a fait très mal pendant longtemps

« Qu’on me dise que je ne suis pas utile à la société, ça m’a fait très mal pendant longtemps », confie Samir, la soixantaine, ancien chômeur longue durée. Comptable pendant 22 ans en Algérie, Samir se souvient encore parfaitement de la date de son arrivée en France : le 6 novembre 1998. Depuis, il vit à Saint-Jean. En deux décennies, jamais il n’est parvenu à faire valoir ses compétences en comptabilité, malgré les formations validées par Pôle Emploi, malgré l’acquisition d’une équivalence à son diplôme algérien. Il a donc accumulé les petits jobs, souvent très éloignés de ses qualifications d’origine. Mais surtout, il a connu les longues périodes d’inactivité, qui entament la confiance en soi. Recruté par le directeur le 21 septembre dernier, il est désormais membre de l’équipe gestion et achats de l’entreprise. Parallèlement, il reçoit une formation en informatique pour actualiser ses compétences. Le sourire aux lèvres, il dit avoir retrouvé « une petite famille ».

Un salarié d'Emerjean
Certains des salariés d'Emerjean étaient restés éloignés de l'emploi pendant plusieurs années. (CC BY - Elena Scappaticci)

Quelques minutes au sein des locaux suffisent à se rendre compte de l’esprit de communauté très fort qui règne déjà chez Emerjean. Un exploit après seulement quelques mois d’existence. « C’est quelque chose auquel nous avons réfléchi très en amont de l’ouverture de l’entreprise », assure Paul Bruyelles. « On a vite su qu’on ne pourrait pas fonctionner comme une entreprise traditionnelle. Les gens se connaissent, ils vivent dans le même quartier depuis des années, ça aurait été absurde. Par exemple, on a décidé qu’il n’y aurait pas de chef. On a préféré créer des équipes autour de différents enjeux : il y a l’équipe achat, l’équipe couture, l’équipe cuisine … Pour chaque équipe, on désigne un coordinateur chargé de créer du lien entre les gens de l’équipe, d’éviter les conflits. » Car conflit il y a, chez Emerjean comme ailleurs. « Évidemment, il peut y avoir des tensions entre collègues, comme partout », lance le directeur. « Mais nous sommes là pour les accompagner et les aider à les résoudre. »

Une utopie rentable ?

Si le modèle revêt tous les aspects de l’utopie sociétale, quid de sa viabilité économique ? « Nous n’avons même pas un an d’existence », commente Paul Bruyelles, « alors non, pour le moment, nous ne dégageons aucune marge. Il faut bien comprendre que notre démarche est radicalement différente de celle d’une entreprise classique : on recrute avant que les activités ne soient créées. Alors forcément, dans les premiers mois, le temps que tout se mette en place, on ne produit pas suffisamment. » Mais à Saint-Jean, on croit en la dimension entrepreneuriale du projet. « En terme d’image, c’est très important de montrer qu’ils font de vrais jobs, dans une vraie boîte, avec des retombées positives sur le territoire », analyse Bertrand Foucher. Avec une seule contrainte : les services créés ne peuvent entrer en concurrence avec des activités déjà présentes sur le territoire.

On apporte aux habitants un nouveau service urbain

Ce qui aurait pu être un frein n’en est pas forcément un, dans un territoire depuis longtemps déserté par les services même les plus élémentaires. Mais l’ambition de Bertrand Foucher est plus vaste : pourquoi ne pas profiter de cette expérimentation pour créer – aussi – des activités à fort impact social et environnemental ? Qui dit démarche de réinsertion innovante dit entrepreneuriat innovant : Emerjean réfléchit actuellement à un partenariat avec l’entreprise sociale Détrivores, spécialisée dans le compostage de biodéchets. Déjà implantée à Bordeaux, la firme songe à étendre son activité à Saint-Jean, avec un potentiel de recrutement de 15 personnes sur 5 ans. Ses fondateurs commencent déjà à identifier les salariés d’Emerjean potentiellement intéressés par un métier selon eux plein d’avenir : maître-composteur. « C’est précisément ce type de projets que nous devons développer », explique enthousiaste Bertrand Foucher. « En même temps qu’on crée de l’emploi, on apporte aux habitants un nouveau service urbain et on améliore l’empreinte écologique du quartier. »

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Une boucle vertueuse qui nécessite aussi des financements pour fonctionner. C’est là que le bât blesse. Si de nombreux acteurs locaux ont fait le choix de rejoindre l’actionnariat d’Emerjean (14 au total, parmi lesquels le bailleur social, des PME locales, des entreprises d’insertion…), l’État, lui, a refusé de doter l’entreprise d’un capital de départ, se contentant de sa contribution aux charges salariales. « C’est vraiment dommage », juge Patrick Valentin. « Quelle que soit la nature de l’entreprise, un capital d’amorçage minimal est nécessaire à la croissance de l’activité. Là, on part de zéro, et on ne nous donne que cinq ans pour prouver que nous pouvons être rentables. » Cinq ans, un délai jugé ridiculement court sur place. Donnera-t-on le temps à ce modèle de développer ses potentialités, ou l’EBE de Saint-Jean rejoindra-t-elle la cohorte des expérimentations abandonnées en cours par l’État, et jamais déployées à plus grande échelle ?

Pour le moment, la petite équipe d’Emerjean et les neuf autres entreprises à but d’emploi lancées dans le cadre de l’expérimentation peuvent compter sur le soutien, essentiel, d’Emmanuel Macron. En décembre dernier, Laurent Grandguillaume a obtenu du nouveau président de la République le maintien de ce dispositif voté sous François Hollande. Reste que de trop nombreuses lourdeurs administratives ralentissent encore considérablement les prises de décision. « Il y a des procédures qui prennent plus de temps que prévu. C’est compliqué pour les collectivités territoriales de se dire qu’elles ne décident pas de tout, toute seule », note Agnès Thouvenot, adjointe au maire de Villeurbanne.

« D’ailleurs, c’est compliqué pour les institutions publiques en général : elles ont tendance à revendiquer le monopole de l’intérêt général, plutôt qu’à le partager… » Pour Patrick Valentin, le succès de l’expérimentation reposera aussi sur la capacité des pouvoirs publics à changer de logiciel. « La législation française manque vraiment pour le moment à son devoir de confiance, d’innovation, de légèreté », estime-t-il. « Imposer un carcan réglementaire aussi lourd à un expérimentateur, c’est absurde. On aurait besoin d’une grande liberté de mise en œuvre, mais pour le moment, dans le contexte actuel, ça n’est pas possible. » Malgré ces réserves, Patrick Valentin songe déjà à l’avenir. Le gouvernement lui refuse l’élargissement de l’expérimentation à tous les chômeurs ? Qu’importe ! Il continue de marteler son mantra – le droit à l’emploi pour tous -, et songe déjà à une deuxième phase de l’expérimentation pour, dit-il « corriger les défauts de la première ». Selon lui, « une centaine de territoires seraient intéressés ». Emerjean, petit bout d’utopie concrète niché dans la banlieue lyonnaise, pourrait bientôt voir ses principes dupliqués à grande échelle.

— Journaliste

J’ai commencé par lire de belles histoires, avant de vouloir les comparer avec la réalité. Lorsque j’ai découvert que le réel rattrapait souvent la fiction, j’ai voulu le fixer sur le papier. Depuis, j’essaye de mettre ma plume au service des causes qui m’importent : la justice sociale, le féminisme et l’avenir du travail.

La Fabrique de l'info

C’est l’histoire d’une rengaine martelée sans fin pendant cinquante ans : « personne n’est inemployable ». Une rengaine d’abord assénée dans le vide, puis entendue et répétée, relayée, et finalement traduite en actes, le 19 février 2016, avec le vote de la loi Territoire Zéro Chômeur. À l’origine de cette rengaine, un seul homme au départ : Patrick Valentin, ancien jésuite dont les figures tutélaires se nomment l’Abbé Pierre ou le père Wresinski. À l’heure où certains se résignent, fatalistes, à observer l’accroissement des inégalités, l’explosion de la mondialisation et la mise en concurrence des salariés de tous les pays, Patrick Valentin nous invite à replacer l’individu au-dessus des logiques économiques, à nous extraire des mécanismes du marché qui, selon lui, broient les individus. Son pari ? À toute petite échelle, le plein emploi est possible. Son financement également. Tout dépend de la capacité de tous – acteurs privés, publics, mais aussi chômeurs longue durée – à se mobiliser pour changer les choses. Aux côtés d’ATD-Quart Monde, Patrick Valentin est déjà parvenu à mobiliser plus d’acteurs qu’il ne l’aurait jamais espéré. Dix territoires expérimentent déjà ce « droit à l’emploi », des dizaines d’autres souhaitent prendre le train en marche. Assisterait-on à la naissance d’une de ces « utopies concrètes » popularisées par Ernst Bloch ? J’ai voulu le vérifier par moi-même, en me rendant à Saint-Jean (Villeurbanne), l’un des dix territoires sélectionnés par l’Etat pour matérialiser la vieille rengaine de Patrick Valentin.

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