Le hashtag part à la conquête de la langue

Il est partout, arborant sa forme particulière mais très familière. Deux barres horizontales, deux autres en diagonale. Le hashtag, ou mot-dièse, accompagne désormais bon nombre de nos publications sur les réseaux sociaux. Cette déferlante a commencé en 2009, lorsque Twitter en a fait un lien cliquable. Depuis quelques temps, elle se poursuit en dehors du monde numérique, sur nos feuilles, dans nos rues et même dans nos conversations quotidiennes. Un effet de mode ? Rien n’est moins sûr…

par Islam Abdelouali
4 min
Une femme forme un croisillon, symbole du hashtag, avec ses doigts.
Plus les années passent et plus le hashtag nous colle à la peau (Illustration CC BY Brian Solis)

« Hashtag trop cool ». Une phrase devenue aujourd’hui presque banale, employée dans un spot publicitaire ou à la sortie du lycée. Pourtant, il y a quelques années encore, le hashtag ne disait rien à personne. Depuis longtemps utilisé en informatique, il a pris la forme qu’on lui connaît en 2009, sur Twitter. Après s’être démocratisé dans la sphère numérique, c’est désormais dans nos discours hors-ligne qu’il s’immisce peu à peu. Comment cette migration s’est-elle opérée ? L’imprévu est allé chercher des réponses auprès de Marie-Anne Paveau, linguiste et professeur à l’université Paris 13.

Il y a encore dix ans, le hashtag tel qu’on le connaît aujourd’hui n’existait pas. Comment s’est-il popularisé ?

Les internautes l’ont fait naître. La technologie n’est pas neutre, c’est-à-dire que ceux qui l’utilisent la font évoluer, ils sont acteurs de sa configuration. Continuellement sur le Web, nous faisons ce qui s’appelle du produsage : nous produisons, détournons, transformons ou inventons des usages que les développeurs n’avaient initialement pas prévus. C’est ce qui s’est passé avec le hashtag.

Pour résister au flux d’actu, rejoignez L’imprévu !

— Journaliste

J’ai mis du temps à découvrir que les remarques telles que « curieuse » et « pose beaucoup de questions », laissées par les instituteurs sur mes cahiers d’appréciations, constituaient un indice sur mon futur métier. Aujourd’hui, je prends du temps pour comprendre ce qui se passe autour de moi, l’analyser, le partager, avec un penchant pour les sujets de société et les progrès technologiques.

La Fabrique de l'info

Inscrite sur le réseau au petit oiseau bleu depuis 2011, je me suis vite imprégnée de sa culture et, bien entendu, de l’utilisation sans modération du hashtag. Jusqu’à me rendre compte que ce dernier était partout : sur des affiches, dans des spots publicitaires ou des émissions télé, sur des murs… Et même dans nos discours. Il était donc nécessaire à mes yeux de comprendre comment un simple lien hypertexte a réussi à devenir un élément de langage.

Parcourez les sujets oubliés des médias, promenez-vous sur L'Imprévu !