Les Google Glass vues d’un mauvais oeil

Des lunettes de réalité virtuelle pour vous faciliter la vie ? Google en a rêvé, en 2012, avec son projet Google Glass. Présenté commes révolutionnaire, il n’a jamais convaincu le grand public. Désormais intégrées au sein du musée des flops commerciaux en Suède, ces lunettes ont surtout permis de relancer les débats autour du respect de la vie privée.

par Islam Abdelouali
3 min
Une femme porte une paire de lunettes Google Glass.
Les Google Glass, lunettes à l'esthétique... Discutable. (Illustration CC BY-SA EricaJoy)

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Lancées en grande pompe en 2012, les Google Glass ont fait un flop. Au-delà des questions esthétiques, ces lunettes connectées, conçues pour proposer une « réalité augmentée », ont interrogé notre rapport à la vie privée. Sommes-nous prêts à filmer tous nos échanges ? À voir nos vies capturées en vidéo ou en photo quel que soit l’instant, parfois à notre insu ? Derrière les Google Glass, c’est toute notre attitude face aux évolutions technologiques qui est en jeu. Des problématiques sans limites qu’explore la sociologue Bénédicte Rey, maître de conférences à l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard et auteure de La vie privée à l’ère du numérique.

Les Google Glass ont essuyé de nombreuses critiques, notamment sur l’atteinte à notre vie privée. Avez-vous été surprise de ces réactions ?

Les arguments qui sont venus s’opposer à ce gadget ne sont pas vraiment inédits. La crainte d’être filmé à son insu, par exemple, s’observe déjà avec le téléphone portable. Il suffit de regarder autour de soi, dans la rue ou dans les transports en commun : difficile de savoir si, parmi tous les gens qui ont leur smartphone à la main, l’un d’eux est en train de filmer. Dès qu’une nouvelle technologie ou un nouveau « service » voit le jour, la peur de l’intrusion peut être réactivée. Là, il s’agissait des Google Glass, mais ça aurait pu être la même chose avec une loi sur la sécurité prévoyant de collecter de nouvelles données.

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— Journaliste

J’ai mis du temps à découvrir que les remarques telles que « curieuse » et « pose beaucoup de questions », laissées par les instituteurs sur mes cahiers d’appréciations, constituaient un indice sur mon futur métier. Aujourd’hui, je prends du temps pour comprendre ce qui se passe autour de moi, l’analyser, le partager, avec un penchant pour les sujets de société et les progrès technologiques.

La Fabrique de l'info

Lorsque j’ai découvert la vidéo d’introduction des Google Glass pour la première fois, à une époque où la réalité virtuelle ne me disait pas grand-chose, je me suis demandée qui pourrait bien mettre un truc pareil sur le nez. Je n’étais visiblement pas la seule à me montrer sceptique puisque quelques mois plus tard, ces lunettes étaient retombées dans l’oubli. Aujourd’hui, avec un peu de recul, j’ai voulu m’intéresser de plus près aux raisons de cet échec, explorant l’un des enjeux qu’il avait soulevé (et soulève encore) : l’évolution de notre rapport à la vie privée.

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