recyclage

Par millions, nos smartphones échappent encore au recyclage

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Pour convaincre les usagers de rapporter leurs anciens téléphones, Éco-systèmes a organisé cet automne durant près d’un mois une collecte solidaire. Déposer son matériel dans les centres de collecte partenaires permettait de participer à un jeu-concours, avec une série de lots à gagner. Une opération menée en région parisienne et qui devrait être renouvelée dans le futur.

Entreprise d’insertion membre d’Emmaüs, les Ateliers du bocage récupèrent et réparent du matériel électronique pour lui donner une nouvelle vie. Ils récupèrent ordinateurs fixes et portables, écrans, imprimantes, mais aussi des téléphones portables. Une fois remis en état de marche, ces équipements sont redistribués à des associations, des écoles, ou bien encore à des bénéficiaires du RSA.

Morphosis défend un modèle d’économie circulaire et prône la réutilisation des objets autant que des matériaux. Une fois transformé en nitrate d’argent ou en grenaille, l’argent récupéré est notamment revendu à des entreprises partenaires. Outre la joaillerie, d’autres industriels se montrent intéressés, comme les fabricants de disjoncteurs notamment, qui utilisent l’argent pour leurs contacteurs. Cette démarche est similaire pour d’autres métaux récoltés au sein de l’usine.

Association à but non lucratif basée à Bruxelles, le WEEE forum accompagne les acteurs du recyclage spécialisés dans les produits électroniques. Fondé en 2002, il fédère et accompagne les différents éco-organismes à travers l’Europe. Grâce aux données récoltées via ses membres, il joue en parallèle un rôle d’observatoire des différentes pratiques à l’échelle de l’UE.

Dans le cadre d’une série intitulée « écocide », le journaliste du Monde Gilles van Kote a livré un témoignage glaçant sur la manière dont s’achève l’existence de nombreux objets électroniques. En Chine, des villes se sont ainsi transformées en « laboratoires à ciel ouvert », où les déchets polluent l’environnement et touchent directement la santé des habitants.

Faire recycler son vieux téléphone, un geste encore loin d'être devenu un réflexe. (Crédit photo : CC BY-NC-SA Thomas Deszpot)

En moyenne, un Français change son téléphone portable tous les deux ans. De nombreux appareils en fin de vie devraient donc inonder les réseaux de recyclage spécialisés. Il n’en est rien. Nous sommes en effet des millions à laisser sommeiller nos anciens téléphones dans des tiroirs, avec les précieuses ressources qu’ils renferment. Une mauvaise habitude que les acteurs du recyclage tentent aujourd’hui de bousculer.

Lorsque Marie-Christine Blandin s’est penchée en 2016 sur le cycle de vie de nos smartphones, l’ancienne sénatrice écologiste du Nord a enchaîné les surprises. Au terme de nombreux travaux menés avec ses collègues parlementaires, elle a présenté un rapport d’information sans appel. Celui-ci souligne « l’urgence d’une stratégie », face aux « 100 millions de téléphones portables usagés » qui sont stockés chez eux par les Français au lieu de se retrouver entre les mains d’organismes agréés. « On a été surpris des volumes qui dorment chez les particuliers », confie Marie-Christine Blandin, tout juste retraitée.

Les petites gouttes

Adèle, de la précarité de l’auto-entrepreneuriat à la sécurité de la fonction publique

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Après Amandine, Luc, Axelle et Grégor, la série documentaire dont nous sommes partenaires, Les Petites gouttes, nous embarque à la rencontre d’Adèle, hier écrivaine et éditrice, aujourd’hui cheffe de projet à mi-temps dans la fonction publique. Pauline Antipot, la réalisatrice, raconte comment et pourquoi, un jour, Adèle a quitté sa vie de freelance pour retrouver un travail salarié.

Adèle semble avoir fait le chemin inverse des précédentes Petites gouttes. Elle apparaît sûre de son choix, non ?

Quand je l’ai rencontrée, ce qui m’a marquée, c’est sa sérénité : elle était sûre de ses choix, et elle savait où elle allait. De toutes les Petites gouttes rencontrées, c’était la plus posée. Elle sait pourquoi elle est là. Avant, Adèle était auto-entrepreneure et associée avec des amis dans une maison d’édition. Avec son compagnon, ils attendaient leur premier enfant. Elle a dû prendre une décision et se mettre à mi-temps. Mais dire “j’arrête à temps plein” n’était pas évident.

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justice

Justice d’instance : petites affaires, grands enjeux

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Les Tribunaux d’instance ont été les plus violemment touchés par la réforme de la carte judiciaire de 2007. On comptait 478 TI en 2007, et, entre cette année-là et 2017, 178 ont été supprimés. Qu’on se rassure, la carte en compte 7 petits nouveaux depuis!

Au-delà de la question de son effectivité, la justice de proximité revêt également une importance symbolique majeure dans les territoires. (Illustration : CC BY kynd_draw)

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Moins médiatisés que leurs illustres collègues, les juges d'instance n'en sont pas moins essentiels à l'exercice de la justice au quotidien. Contre une vision de la justice hors-sol, désincarnée, ils défendent coûte que coûte une vision de celle-ci plus proche des hommes et des territoires. Mais le ministère de la Justice en a décidé autrement. Depuis 1958, date de suppression des juges de paix, la  mode est plutôt à la concentration des moyens et à la suppression des tribunaux. Au risque de dénaturer leur mission de proximité ?

Difficile de trouver des juges témoignant à visage découvert. Dans la magistrature, le devoir de réserve n’est pas une vaine expression. Tout comme la fidélité à sa hiérarchie. Cette culture du secret n’a été rompue qu’à de rares exceptions. Pourtant, la semaine dernière, 250 juges d’instance regroupés en un collectif ont décidé d’adresser une lettre ouverte au Premier ministre, Édouard Philippe, et à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Paru dans Libération, le texte s’alarme de « la fermeture des tribunaux d’instance », perçue par les magistrats comme l’ultime manifestation de la logique de concentration des lieux de justice à l’oeuvre depuis cinquante ans.

Leur inquiétude semble partagée par l’ensemble de la profession judiciaire, dont une partie a décidé de faire grève mercredi dernier pour dénoncer le projet de réforme de la justice, présenté cette semaine en conseil des ministres. Tribune dans un quotidien national, manifestations, grève et slogans relayés sur les réseaux sociaux… Autant de moyens destinés à attirer l’attention des médias sur la justice d’instance, souvent négligée au profit d’affaires judiciaires plus flamboyantes. « La justice d’instance, c’est un peu moins sexy que la cour d’Assises », m’explique un juge ayant souhaité rester anonyme. « Nous ne traitons ‘que’ des petites choses du quotidien, mais je pense que ces petites choses sont tout aussi importantes pour la paix sociale. »

pollution

Stocamine, Cigéo… Cachez ces déchets que nous ne saurions voir

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En Alsace, une ancienne mine de potasse accueille depuis 1 999 près de 44 000 tonnes de déchets toxiques. Pour ses détracteurs, le projet StocaMine menace la plus grande nappe phréatique d'Europe. (Illustration : Antonin Sabot)

Pour le projet Cigeo à Bure, comme pour celui de StocaMine en Alsace, la France a choisi d'enfouir ses déchets, qu'ils soient radioactifs ou non. En promettant aux élus locaux et aux habitants que ces deux centres de stockage seront réversibles. Une promesse difficile à tenir.

Que faire des déchets ultimes que nous produisons ? Une question qui revient régulièrement sur le devant de la scène lorsqu’on évoque le projet Cigéo à Bure, et la problématique plus générale de l’enfouissement des déchets, qu’ils soient radioactifs ou non. Pour le moment, et ce, jusqu’au lancement d’un « débat national » qui devrait avoir lieu en fin d’année, les polémiques autour du projet Cigéo et de sa supposée réversibilité semblent s’être atténuées. Car au-delà de toutes les questions éthiques que pose cet enfouissement, selon certains chercheurs, c’est le concept même de l’irréversibilité de Cigéo qui cristallise les oppositions.

Un calme tout relatif puisqu’une autre question épineuse, concernant la réversibilité du stockage des déchets et vieille d’une vingtaine d’années, devrait refaire surface ces prochaines semaines. C’est qu’en Alsace, à 200 km à l’est de Bure, 44 000 tonnes de déchets industriels ultimes (mercure, cyanure, amiante, résidus de pesticides, etc.) ont été enterrées entre 1999 et 2002 à StocaMine, une ancienne mine de potasse. Non radioactifs, ces déchets n’en sont pas moins extrêmement toxiques. Et aux yeux de leurs détracteurs, ils pourraient menacer la plus grande nappe phréatique d’Europe.

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L’info en contexte

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HADOPI

Hadopi, GAFAM, « mêmes joueurs jouent encore » ?

claire-berthelemy

Dans une dépêche AFP publiée le 8 mars 2009, l’on pouvait lire que le cabinet de la ministre de la Culture, Christine Albanel, estimait que les militants de la Quadrature du net n’étaient qu’une poignée tout juste bonne à faire partir des salves de mails automatiques aux parlementaires.

Pour pouvoir correctement restranscrire les débats et attribuer aux bons parlementaires les bonnes citations, il était nécessaire d’avoir en main un trombinoscope. Jusqu’à ce que la possession en soit interdite. Un rappel au règlement par la député Front de gauche Martine Billard leur permettra de disposer de nouveau de leurs trombinoscopes.

Chez Pcinpact, aujourd’hui NextINpact, le journaliste Marc Rees rivalisait alors d’ingéniosité en publiant un article totalement surligné en noir.

Alors que l’association de défense des libertés numériques La Quadrature du Net lance une action de groupe contre les GAFAM, retour sur la bataille contre la loi Hadopi.

Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, cinq entreprises que l’on range à présent derrière l’acronyme GAFAM. Cinq entreprises dont la gestion des données utilisateurs ou l’optimisation fiscale agressive défraient régulièrement la chronique. Si la semaine dernière, Mark Zuckerberg était auditionné par le Congrès américain suite à l’affaire Cambridge Analytica, Google, Apple, Amazon et Microsoft ne sont pas en reste en terme de scandales.

Trop c’est trop pour une poignée d’irréductibles de l’Internet français. Dont La Quadrature du Net : l’association, créée en 2008 par Philippe Aigrain, Christophe Espern, Gérald Sédrati-Dinet, Benjamin Sonntag et Jérémie Zimmermann, à l’occasion d’une bataille géante livrée contre la loi Hadopi, passe la vitesse supérieure et lance une action de groupe contre les GAFAM le 25 mai. En attendant la date butoir, elle propose aux internautes de rejoindre, une nouvelle fois, son combat.

inégalités

Sélection à l’université : « une extension du domaine du concours »

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Evaluation de la performance, New Public Management, concours télévisés… L’emprise de la notation s’étend

Incroyable mais vrai : vous lisez un article financé par nos lecteurs

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La réforme de l’université fait débat : doit-on oui ou non imposer une sélection à l’entrée dans l'enseignement supérieur, au risque de laisser bon nombre d'étudiants sur le pavé ? Pour Annabelle Allouch, sociologue et auteure de La Société du concours, L'empire des classements scolaires, aucun doute possible : cette réforme s'inscrit dans un processus d'évaluation bâti sur le mérite individuel qui contamine non seulement l'école, mais aussi le monde du travail, sans se soucier des biais sociaux qui faussent ces procédés de sélection.

La sélection à l’université perpétue-t-elle les inégalités ? C’est en tout cas la thèse défendue par Annabelle Allouch, maîtresse de conférence en sociologie à l’Université de Picardie – Jules Verne et auteure de La Société du concours, L’empire des classements scolaires (Le Seuil, septembre 2017).  À l’heure où son éventuelle mise en place ressurgit dans le débat public, entraînant l’occupation de plusieurs universités par des étudiants en colère, la chercheuse dénonce la contamination progressive de la logique de classement propre aux Grandes Écoles à l’ensemble de la société. Évaluation de la performance, New Public Management, concours télévisés… La notation s’étend progressivement  au point de devenir la principale mesure du mérite individuel, sans qu’on s’interroge suffisamment sur les moyens déployés pour freiner la reproduction des inégalités dans l’accès à l’enseignement supérieur et aux postes qualifiés. Décrypté en son temps par Pierre Bourdieu, glorifié par un Nicolas Sarkozy ou un Emmanuel Macron dans leurs discours, l’idéal méritocratique qui sous-tend cette passion française pour les concours est ici décrypté à l’aune de sa récupération par la doctrine néo-libérale et ses apôtres.