Agriculteurs

Crise du lait : d’année en année, les éleveurs trinquent

elena-scappaticci

Outils de la politique agricole commune depuis 1984, les quotas laitiers avaient pour but de réguler les prix du lait en fixant une limite de production laitière pour chaque État membre. Le « bilan de santé de la politique agricole commune », signé le 20 novembre 2008, y met fin. Il prévoit une augmentation progressive des quotas laitiers (1% par an) avant leur disparition complète au 1er avril 2015 afin d’assurer un « atterrissage en douceur » du secteur. L’élimination de ces quotas doit permettre « un accroissement de la production, une baisse des prix et un renforcement de la compétitivité du secteur ».

L’histoire de Lactalis est intrinsèquement liée à la famille Besnier. Le grand-père de l’actuel PDG du groupe, André Besnier, fonde la Laiterie Besnier à Laval en 1933 avec un seul salarié. Son fils, Michel Besnier, reprend l’entreprise familiale en 1955 et la fait accéder au rang de premier groupe laitier mondial. À sa retraite, en 2000, Michel Besnier passe le relais à son fils, Emmanuel Besnier, désormais à la tête du groupe rebaptisé Lactalis. Selon Forbes, le patron milliardaire de Lactalis est, depuis l’an dernier, la 8e fortune de France.

En 2008, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) met un terme à la négociation collective des prix du lait au niveau interprofessionnel, mécanisme qui permettait jusqu’alors de fixer les prix au préalable et donc, de les stabiliser. Depuis, à chaque trimestre, ceux-ci font l’objet d’une nouvelle négociation entre producteurs, transformateurs et distributeurs.

L’embargo alimentaire a été décrété le 7 août 2014 par Vladimir Poutine en réponse aux sanctions économiques contre Moscou après l’annexion de la Crimée et son implication dans la guerre dans le reste de l’Ukraine. Pendant toute la durée de l’embargo, les importations russes de produits laitiers ont baissé de 78%. Si la France n’est pas directement concernée, elle subit indirectement les effets de la mesure avec le report des exportations de gros producteurs laitiers comme l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, qui fait baisser le cours du beurre et de la poudre de lait en France.

Un dispositif d’écoute pour les agriculteurs en détresse a également été mis en place par la MSA en octobre 2014. Plus de 1 700 appels ont été reçus au premier semestre 2016 (285 appels par mois en moyenne), contre 300 appels en moyenne, par trimestre, en 2015. Les principaux motifs sont les soucis financiers et problèmes tels que l’isolement géographique ou relationnel des adhérents agriculteurs.

En réaction à la crise laitière de 2009 est promulguée la Loi de modernisation de l’agriculture, le 27 juillet 2010. Elle prévoit la formalisation de contrats écrits, proposés à l’agriculteur par l’acheteur des produits agricoles, et les clauses minimales de ces contrats. Ces contrats sont conçus comme des outils de régulation afin de pallier la suppression progressive des quotas laitiers et de rééquilibrer le rapport de force entre éleveurs et acheteurs de produits laitiers (transformateurs, distributeurs…).

Promulgué à la suite de la crise de 2009, le « Paquet Lait », devenu effectif à partir de 2012, est un ensemble de nouvelles réglementations européennes visant à renforcer la position des producteurs de lait dans la chaîne d’approvisionnement en produits laitiers. Il permet ainsi aux agriculteurs, moyennant certaines limites, de négocier collectivement les clauses contractuelles en se regroupant en organisations de producteurs (OP). Cependant, le volume de lait qu’une organisation de producteurs peut négocier est limité à 3,5% de la production totale de l’UE et à 33% de la production totale de l’État membre concerné.

Le GAEC ou Groupement agricole d’exploitation en commun est l’un des quatre statuts juridiques existants pour les sociétés civiles agricoles. Il est aussi l’un des plus utilisés car il facilite la transmission progressive du capital au sein de GAEC familiaux. Surtout, il permet à chaque associé de bénéficier du statut d’agriculteur et de ses avantages.

Annoncés par Emmanuel Macron en juin dernier, les États généraux de l’alimentation, qui se déroulent actuellement à Paris, réunissent entre autres tous les acteurs de la filière laitière. Leur but ? Aboutir à « une vaste remise à plat des relations entre les agriculteurs, les transformateurs de produits alimentaires et les distributeurs » afin de permettre aux agriculteurs « de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes ». Au terme de ces négociations, une première « feuille de route de l’agriculture française » sera dévoilée par le ministre de l’Agriculture, dans deux mois.

Dans les salles de traite, l'ambiance est depuis de longues années morose. (Illustration CC BY-NC-SA Elena Scappaticci)

Les récent États généraux de l'alimentation permettront-t-ils enfin aux éleveurs laitiers de vivre décemment de leur travail ? En crise depuis de très longues années, le secteur (sur)vit au rythme des variations de prix et des évolutions législatives. Entre fin des quotas laitiers et bras-de-fer déséquilibré avec les industriels, bienvenue dans un univers impitoyable. Pour en dessiner les contours, L'imprévu s'est rendu en Mayenne, berceau de Lactalis.

Le 18 septembre 2009, une marée blanche submerge la baie du Mont Saint-Michel. Avec « plus de 300 tracteurs », des agriculteurs venus de toute la France répondent à l’appel de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) et déversent quelque 3,5 millions de litres de lait sur les plages de la Manche. Pendant les treize jours que dure cette première grève européenne du lait, des épandages synchronisés de milliers de litres de lait sont organisés en France, en Allemagne et en Belgique. Une colère qui trouve son origine dans une mesure validée, un an plus tôt, par les États membres de l’Union européenne : la fin des quotas laitiers pour 2015. Florent Renaudier, éleveur en Mayenne, s’en souvient comme si c’était hier : « De mémoire d’agriculteur, on n’avait jamais connu ça ».

economie numerique

Dans la lignée de Xiaomi, le « made in China » tourne progressivement la page du toc

thomas-deszpot
Les produits Made in China ont longtemps été perçus comme d'une qualité médiocre. (Illustration CC BY-SA Loozrboy)

Devenue l’atelier du monde en quelques décennies, la Chine veut aujourd'hui transformer son économie et miser sur l’innovation. L’arrivée en France des smartphones Xiaomi n’a donc rien d’anecdotique : voici venu le made in China 2.0.

Encore méconnu en France, le constructeur de téléphones chinois Xiaomi a officialisé en cette fin mai son arrivée dans l’Hexagone. Aux consommateurs qui découvrent la marque, les médias expliquent qu’elle est souvent comparée à Apple, « pour le design de ses smartphones et la ressemblance de ses magasins physiques avec les célèbres Apple Store ». Née il y a moins de dix ans, Xiaomi s’étend aujourd’hui dans 75 pays et peut s’enorgueillir d’être le 4e vendeur mondial de téléphones portables.

Pour grignoter des parts de marché à Samsung, LG, Nokia ou Sony, l’entreprise basée à Pékin mise sur une politique tarifaire agressive qui lui vaut parfois d’être qualifiée de « low cost ». Malgré des prix peu élevés, le constructeur cherche à proposer des produits de qualité, fortement inspiré de la concurrence japonaise, américaine ou coréenne.

Devenez un lecteur à part entière

En devenant lecteur-membre de L'imprévu, vous profitez d'avantages qui n'existent pas dans d'autres médias : des rencontres avec les interlocuteurs de nos articles, des formations données par nos journalistes, un groupe de discussion avec l'équipe et bien plus encore.

Luttes

Taxis contre VTC, bienvenue en pleine guerre de tranchées

Après avoir réussi l’examen du certificat de capacité professionnelle et obtenu la carte professionnelle, le chauffeur de taxi doit, pour pouvoir exercer son activité, être titulaire d’une autorisation de stationnement (ADS) sur les places réservées aux taxis, communément appelée « licence de taxi » ou « plaque », soit exercer comme locataire ou salarié pour le compte d’un exploitant titulaire d’une ADS.

Le contrôle par les pouvoirs publics du nombre de taxis remonte au Front populaire : à la suite des accords signés en 1936 avec la profession mécontente de l’accroissement de la concurrence (déjà !), le gouvernement légifère et le numerus clausus est instauré par décret préfectoral faisant passer les taxis parisiens de 32 000 à 14 000. En 2006, soit soixante-dix ans plus tard, la capitale en comptait 15 300…

Introduit en France en 2014, UberPop était un service de mise en relation avec des chauffeurs non professionnels utilisant leur voiture personnelle. Alors qu’Uber avait été poursuivi devant plusieurs tribunaux français, la justice européenne avait estimé que la France et les autres pays de l’UE étaient parfaitement en droit de l’interdire.

La loi Thévenoud rend incessibles les licences acquises à partir de 2014. Désormais, les licences distribuées gratuitement par l’État sont valables cinq ans renouvelables. Seules les licences attribuées avant cette date peuvent être revendues.

Lire à ce propos l’excellente enquête de Dominique Nora publiée dans L’Obs le 29 mai 2016, Derrière la grogne des taxis, le système Rousselet.

« Comme les céréaliers de la Beauce mettent en avant les agriculteurs de montagne pour optimiser leurs profits, la famille Rousselet avance masquée derrière les petits artisans taxis. »

Pour certains chauffeurs de taxi, le compteur ne tourne plus assez. (Illustration CC By SA Claire Berthelemy)

Manque de taxi en circulation dans les grandes villes, difficultés des chauffeurs à joindre les deux bouts, les reproches faits au système actuel ne tarissent pas. Avec, en ligne de mire, le faible nombre de licences en circulation et la concurrence accrue des VTC. Deux facteurs que tentent de réguler les pouvoirs publics, sans succès, depuis 2008.

Depuis huit ans, Milan roule nuit et jour dans Paris, à la recherche de clients qui ont besoin d’un taxi. « C’est un très beau métier, chaque course est une aventure différente et vous rencontrez des gens de toutes couleurs, de toute éducation », le fringant chauffeur ne manque pas d’éloge sur son quotidien. Pourtant, même s’il est libre dans la gestion de ses horaires et « jamais fauché parce que vous pouvez toujours faire un client pour vous acheter une baguette de pain », il ne décolère pas.

Contrairement aux artisans taxi, propriétaires de leur véhicule et de leur licence de circulation, Milan est chauffeur-locataire et verse, tous les mois, une coquette somme à l’entreprise qui lui loue plaque et véhicule. « Vous partez, vous mettez la clef dans le contact et vous êtes déjà déficitaire de 120 euros. Vous devez les faire tous les jours pour être à 0 avant même de penser au gasoil, aux charges sociales puis à votre famille, c’est très difficile d’y arriver. » Mais la société de location, qui possède un ensemble de licences, n’est pas le seul objet de son ire.

numérisation

Pour embrasser le numérique, certains choisissent la langue

thomas-deszpot

Sur les stores, certaines applications sont payantes, assurant une source de revenus aux développeurs. La majorité reste néanmoins gratuite, et se finance grâce à diverses fonctionnalités additionnelles proposées en suppléments. Leçons disponibles hors ligne, analyse détaillée des résultats d’apprentissage, déblocage de vidéos mettant en scène des locuteurs locaux… Il s’agit en général d’abonnements mensuels, accessibles pour quelques euros.

Créée en 1929, la méthode Assimil est devenue incontournable sur le marché. C’est elle qui a rendu célèbre la citation « My tailor is rich », présente dans le premier cours des leçons d’anglais. Aujourd’hui, la méthode est déclinée dans une centaine de langues et selon la société, « 40 millions de personnes dans le monde ont appris ou apprennent une langue avec Assimil ».

La particularité de Reverso est de proposer des traductions à partir de mots et de phrases issus de textes officiels. L’utilisateur peut ainsi voir dans quel contexte il a été utilisé et choisir la meilleure traduction en fonction du message qui est le sien. Utilisé en complément d’autres outils de traduction, le site permet d’obtenir de très bons résultats.

Illustration CC BY Valery Kenski

Indépendant, en accès libre et sans pub : bienvenue sur L'imprévu

Devenez lecteur-membre

Avec la généralisation progressive de l’informatique, d’Internet, puis des smartphones, l’apprentissage des langues a changé de visage. Porté par le développement des applications web et mobile, le numérique donne plus que jamais de la voix.

Le 1er juin, nous fêterons un premier anniversaire quelque peu… Particulier. Celui d’un discours, prononcé par Emmanuel Macron à l’occasion du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. « Make our planet great again », lançait en anglais le président de la République – un tacle appuyé à son homologue américain Donald Trump. Une première également puisque jamais un chef d’État de la Ve République n’avait réalisé une allocution depuis l’Élysée dans une langue étrangère.

Ces images ont fait le tour du monde et des médias. En France, les observateurs ont retenu le culot du jeune président, mais ont aussi commenté en longueur le choix de s’adresser au public anglophone directement dans sa langue. Si abandonner quelques instants le français peut paraître assez anecdotique, il faut garder à l’esprit que dans l’Hexagone, les compétences linguistiques restent pour le moins limitées pour une grande partie de la population. Une étude de 2012, une des plus importantes jamais réalisée, classait en effet les lycéens français en fin de cortège à l’échelle continentale.

Gardons le contact

Un média libre et en accès libre

L'imprévu est un site d'information indépendant. Son capital est détenu en majorité par ses journalistes cofondateurs. Sans publicité, L'imprévu est financé par ses lecteurs-membres : des lecteurs comme vous, qui ont choisi de contribuer pour quelques euros par mois. En échange, ils rencontrent la rédaction, échangent avec nos journalistes et bénéficient de formations. Ça vous tente ?

biodiversité

Benoît Fontaine : « Pour la première fois, une seule espèce est responsable de la disparition des autres »

julia-beurq

Selon deux études publiées conjointement par le CNRS et le MNHN, un tiers des oiseaux a disparu des campagnes et principalement des milieux agricoles en 17 ans. Les espèces les plus concernées par cette disparition sont : le bruant ortolan, le moineau friquet, l’alouette des champs, le cochevis huppé, la fauvette grisette, la perdrix, la caille des blés et la tourterelle des bois.

À l’époque, cet ouvrage écrit par la biologiste et écologiste américaine Rachel Carson a été un vrai succès. En 2007, il a été classé parmi les 25 meilleurs ouvrages scientifiques de tous les temps par la publication américaine Discover Magazine.

L’étude a été publiée l’année dernière dans la revue scientifique Plos One. Les chercheurs ont collecté les données sur 63 réserves naturelles d’Allemagne depuis 1989. Là encore, les pratiques agricoles semblent être mises en cause par certains biologistes, même si le consensus scientifique est parfois difficile à atteindre.

En 2002, le psychologue américain Peter Kahn a défini le concept d’amnésie environnementale générationnelle. Celui-ci s’est inspiré d’une notion développée par l’écologue américain James R.Miller : l’extinction de l’expérience de nature qui explique que le fait de moins vivre au contact de la nature peut avoir un impact sur la prise en compte des risques qui la menacent.

C’est la question que se pose l’INRA depuis plus de dix ans. En 2005, plusieurs chercheurs ont estimé que « la valeur économique de l’activité pollinisatrice des insectes, essentiellement des abeilles, était de 153 milliards d’euros, soit 9,5 % en valeur de l’ensemble de la production alimentaire mondiale. »

L'ibis géant est un oiseau qui vit dans la péninsule indochinoise. Selon l'Union internationale de la conservation de la nature, c'est une espèce classée en danger critique d'extinction. (Illustration : Nouvelles archives du Muséum d'Histoire naturelle, 1878.)

Rares sont ceux qui continuent à le nier : la biodiversité de notre planète est menacée. C’est pour répondre à cette urgence que le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot présentera le 18 mai son nouveau « Plan biodiversité ». Benoît Fontaine, biologiste de la conservation au Muséum national d’Histoire naturelle, revient sur les menaces qui planent sur la biodiversité.

Pas une seule semaine ne passe sans qu’une étude ne vienne nous rappeler que telle espèce est en voie de disparition ou que telle autre a déjà disparu. Depuis une trentaine d’années déjà, les scientifiques alertent l’opinion publique et les décideurs politiques sur la « crise de la biodiversité » traversée par nos sociétés. Mais pour quels résultats et quelle prise de conscience ? Quelle est la place de l’individu face à une nature moins riche et diverse que par le passé ? En filigrane de ces interrogations se dessinent des questionnements plus profonds sur le rôle qui peut être le nôtre dans ces écosystèmes, et plus généralement sur Terre.

Biologiste de la conservation au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), Benoît Fontaine partage ces questionnements. Depuis plusieurs années, ce scientifique s’intéresse au suivi d’espèces communes et travaille avec des données collectées par des naturalistes. Il est l’un des chercheurs à avoir publié en mars dernier deux études très médiatisées sur la disparition des oiseaux en milieu agricole. Son travail a fait beaucoup de bruit chez les agriculteurs qui se sont sentis mis en cause par la corrélation entre la disparition de ces espèces et les pratiques agricoles intensives.

Avec son œil de spécialiste et en fin observateur de la nature, il revient sur les origines de la très inquiétante « sixième extinction ». Surtout, il décrypte pourquoi nous avons tant de mal à comprendre les menaces qui pèsent sur la biodiversité et le péril philosophique qu’elles engendrent dans nos sociétés.

pollution

Seveso, AZF… Comment les catastrophes industrielles font bouger le droit

julia-beurq
En France, 1 204 sites industriels sont classés Seveso, du nom de la directive européenne Seveso. Celle-ci découle directement de l'accident qui a eu lieu en 1976, à Seveso, en Italie. (Illustration : CC BY KarinKarin2)

Seveso, AZF... Autant de catastrophes qui ont laissé un souvenir amer pour ceux qui les ont subies. Si ces accidents industriels ont marqué la mémoire collective et fait beaucoup de dégâts sur l'environnement et la santé, elles ont aussi fait évoluer les réglementations européennes en matière de risques industriels.

« Une marche pour la santé et la justice environnementale ». Partie le 2 mai de Fos-sur-Mer, la « Marche des cobayes » est organisée par une centaine d’associations afin d’alerter les pouvoirs publics sur les liens entre la pollution industrielle et la santé. Tout au long du parcours qui les mènera jusqu’à Bruxelles le 30 juin, les marcheurs feront halte dans des endroits emblématiques des scandales environnementaux : la semaine dernière, ils alertaient des conséquences de la pollution des sols aux métaux lourds à Marseille et de celles du stockage des boues-rouges à Bouc-Bel-Air. Ce 9 mai, ils sont à Saint-Auban et tirent la sonnette d’alarme : en plus d’avoir été dangereuse pour les travailleurs qui ont été exposés à l’amiante, l’usine chimique Arkema fait courir aux rivières voisines de lourds risques de pollution.

Que ce soit à Fos-sur-Mer, à Bouc-Bel-Air ou à Saint-Auban, les accidents ou les pollutions sur lesquels alertent les militants écologistes, ont souvent lieu sur des sites industriels dits « Seveso ». Cette appellation est celle d’une directive européenne de 1982 qui classe et réglemente les industries en fonction de leur dangerosité. Avant d’être le nom d’une réglementation communautaire, Seveso est celui d’une ville italienne qui a été le théâtre, il y a plus de quarante ans, d’une catastrophe industrielle aux conséquences dramatiques.