L’Avant-Veille de l’été 2017

Tout au long de l’année, L’imprévu vous offre un regard décalé sur l’actualité en rebondissant sur les archives des médias. Des quotidiens nationaux aux télévisions locales, des émissions de radio aux médias en ligne, les infos d’hier éclairent notre présent.

par La rédaction
3 min

Depuis Katrina, les autorités américaines ont sorti la tête de l’eau

Frappé par la tempête Harvey, le Texas se trouve depuis plusieurs jours sous les eaux. Houston, la quatrième ville des États-Unis, est particulièrement touchée. C’est là que se rassemblent de nombreux volontaires, secouristes improvisés, dépêchés à la hâte pour venir en aide aux milliers de sinistrés. Arrivé rapidement sur place, Donald Trump a assuré aux populations locales le soutien indéfectible de son administration. « Nous allons vous remettre sur pied immédiatement », a-t-il promis, assurant que « le Texas peut tout surmonter ». Un vaste plan d’aide, qui devrait se chiffrer en milliards de dollars, est actuellement en discussion au Congrès.

Une fois, pas deux

Impétueux, excessif, parfois outrancier, le nouveau président américain vit un début de mandat agité. Face à cette catastrophe naturelle de vaste ampleur, il a tenu à agir vite, montrant tout son investissement. Au-delà d’un message d’empathie et de promesses d’actions, Trump a clairement signifié aux Américains que les leçons de Katrina ont été retenues.

Il y a douze ans quasi jour pour jour, cet ouragan dévastait la Louisiane et la ville de La Nouvelle-Orléans. Un drame humain — près de 2 000 morts —, et une faute politique grave pour le pouvoir de l’époque, George W. Bush en tête. Dans un article paru trois jours après le drame, RFI raconte à quel point la gestion de la catastrophe s’est transformée en un fiasco. Deux points cristallisent les tensions : le manque d’anticipation ainsi que la réponse trop tardive des autorités.

La Nouvelle-Orléans sous les eaux. (Illustration CC BY-SA-Nicoleon)
La Nouvelle-Orléans sous les eaux. (Illustration CC BY-SA-Nicoleon)

Dès le 29 août 2005 et en l’espace de quelques jours, vents et pluies diluviennes ont mis en lumière les carences des dispositifs de prévention. Sur place, Bush « n’a pas eu d’autre choix que de constater l’ampleur du désastre, de la confusion et de l’inefficacité des secours ».

Le mythe de l’invulnérabilité est tombé

Accusé « d’avoir consacré trop de ressources au conflit irakien et pas assez aux préparatifs en vue des situations d’urgence », l’ex-président a vu sa cote de popularité descendre en flèche après Katrina. « La réponse des autorités n’a pas été à la hauteur », avait reconnu Bush, quelques jours après le passage de l’ouragan. Alors que les secours peinent à aider les populations locales, RFI dresse un état des lieux critique : « Le mythe de l’invulnérabilité est tombé. Des centaines de milliers de victimes ; combien de morts ? Selon le sénateur David Vitter, peut-être 10 000 morts, mais rien de plus précis ; combien de disparus ? On ne sait pas. »

Précipitations et réactions

Dans l’urgence, le pouvoir américain a tenté de parer au plus pressé. « Un convoi militaire de véhicules amphibies est arrivé vendredi dans la ville [de La Nouvelle-Orléans, NDLR], apportant des vivres aux sinistrés », rapporte RFI. L’armée aussi s’est mise en branle : « Trois cents soldats américains déployés en Afghanistan et en Irak ont été autorisés à regagner l’État du Mississippi pour aider leurs familles à faire face à la catastrophe. »

Levez votre cul et faites quelque chose

Du côté des élus locaux, démunis face à la détresse des habitants, la colère est rapidement montée. George Bush et ses équipes en prennent pour leur grade : « Ils pensent petit, alors que c’est une affaire énorme. Chaque jour nous perdons des gens, des gens qui meurent par centaines. J’ai besoin de renforts. J’ai besoin de troupes. Il me faut 500 bus […] C’est un désastre national. Qu’on réquisitionne tous les fichus cars Greyhound du pays et qu’on les fasse rappliquer ici. Levez votre cul et faites quelque chose », lâchait sans retenue le maire de La Nouvelle-Orléans, Ray Nagin. Il a « ironiquement réclamé un moratoire sur les conférences de presse à Washington parce que, tandis qu’on palabre dans la capitale, des gens meurent dans sa ville », note RFI.

À 71 ans, Donald Trump n’est pas né de la dernière pluie. Il a pu observer les nombreuses tempêtes et ouragans qui ont touché les États-Unis lors des dernières décennies. Une expérience utile, au moment de se retrouver avec les rênes de son pays en main, à laquelle s’ajoute ce que l’on pourrait désormais nommer la « jurisprudence Bush ». En homme d’image, il tente aujourd’hui d’éviter de prendre l’eau.

Revivez les errements des autorités américaines en lisant l’article de RFI, publié le 3 septembre 2005.

Thomas Deszpot 

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