L’Avant-Veille de l’hiver 2017

Après l’automne, place à l’hiver et à son lot de marronniers : en amont de la campagne présidentielle qui s’annonce, certains sujets restent d’actualité alors qu’on les croyait définitivement clos. À commencer par l’homophobie dont font preuve certains hommes politiques.

par La rédaction
2 min

Les barrages, des murailles pas si imperméables

En aval du barrage d’Oroville en Californie vivent 200 000 personnes. Depuis hier, 12 février, leur vie et la survie de leurs habitations sont suspendues à un fil : le barrage menace de s’effondrer et de ravager les environs. Les autorités californiennes, prudentes, ont ordonné l’évacuation de la population.

L’homme rattrapé par une nature qu’il tente de dompter ? Des images qui rappellent celle de la rupture du barrage de Malpasset, en France, voilà près de 60 ans. Le 2 décembre 1959, en début de soirée et après des pluies torrentielles, l’édifice qui surplombe Fréjus rompt. Faisant 423 morts.

Une vague de 40 mètres de haut

Le 4 décembre 1959, deux jours après le drame, Le Figaro racontait la nuit d’horreur à travers le témoignage de deux hommes et de son journaliste sur place. Alors qu’une vague de 40 mètres de haut a déferlé sur les rues de la ville, Fréjus compte ses morts. « Ce soir, on avait déjà trouvé plus de 270 cadavres dans les décombres ou sur les lagunes laissées par les eaux en se retirant. Soixante blessés ont été soignés à l’hôpital de Fréjus et dix d’entre eux hospitalisés. Ce tragique bilan s’allongera encore hélas ! au fur et à mesure des recherches qui doivent se poursuivre dans un terrain difficile et très étendu », raconte le journal.

Un barrage canadien
Les barrages retiennent d'immenses volumes d'eau, potentiellement dévastateurs. (Illustration CC BY davebloggs)
Aux cris que j’avais entendus la nuit succédait un silence plus terrible encore

Les deux témoins habitent sur la célèbre nationale 7 et se sont réfugiés sur le toit de leur maison. « Tout de suite, nous avons pensé : ‘C’est le barrage du Malpasset qui a cédé’ », se souviennent les rescapés. Le journaliste, envoyé en reportage au milieu de la nuit, a entendu ces cris « lugubres, dans les quartiers ravagés de boue ». Et au petit matin, « dans la boue laissée par les eaux en se retirant, on voyait des débris de mobiliers, des voitures retournées, parfois furieusement cabrées roues en l’air. Aux cris que j’avais entendus la nuit succédait un silence plus terrible encore. »

Assistant aux tentatives des secours de sortir des personnes vivantes des décombres, le journaliste du Figaro raconte : « Les ambulances des pompiers et des ambulances privées de Nice et de Cannes pénétraient dans la mer de boue et les sauveteurs faisaient un va-et-vient incessant pour ramener des cadavres et des blessés. Les corps des victimes étaient parfois cachés dans les endroits les plus invraisemblables. »

Face à la puissance dévastatrice des flots, les autorités californiennes ont déjà commencé l’évacuation des habitants et organisent la baisse du niveau d’eau. Pour faire barrage à une catastrophe de bien plus grande ampleur encore que celle de Fréjus.

Retrouvez en intégralité l’article du Figaro, publié le 4 décembre 1959.

Claire Berthelemy 

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