L’Avant-Veille de l’hiver 2017

Après l’automne, place à l’hiver et à son lot de marronniers : en amont de la campagne présidentielle qui s’annonce, certains sujets restent d’actualité alors qu’on les croyait définitivement clos. À commencer par l’homophobie dont font preuve certains hommes politiques.

par La rédaction
2 min

Quand le guide Michelin passait à la casserole

Attendu avec fébrilité par nombre de restaurateurs, le guide Michelin édition 2017 paraît en ce jeudi 9 février. À grand coup d’étoiles, l’épais ouvrage rouge célèbre depuis bientôt un siècle le firmament de la cuisine à travers l’Hexagone. En plus de flatter quelques égo, ces récompenses offrent aux établissements retenus une exposition médiatique rare, sans parler des retombées économiques qui lui sont associées.

À l’instar du Routard pour les guides de voyage, le Michelin fait désormais partie du décor, érigé au rang de Bible par les médias et les professionnels du secteur. Une renommée qui n’est plus à prouver, mais que de rares voix tentent parfois de contester.

Une odeur de favoritisme

En avril 2004, un ancien inspecteur s’est montré très critique envers celui que l’on surnomme le « guide rouge ». Que reprochait-il au Michelin ? Notamment de « ne pas avoir tous les moyens en hommes pour visiter tous les restaurants indiqués dans le guide », résumait à l’époque le présentateur Daniel Bilalian dans le 13 heures de France 2.

Il faut que cela passe avant le côté marketing et financier

Après 16 ans passés chez Michelin, Pascal Rémy, a rédigé un livre pour étayer ses propos. À l’équipe de la « deux » qui vient l’interroger, il lance un message clair : « Il faut absolument que le lecteur revienne au centre des priorités des gens qui font le guide et il faut que cela passe avant le côté marketing et financier. » Parmi les autres griefs formulés à l’encontre de son ancien employeur, l’intéressé regrette une forme de complaisance du guide envers les grands chefs renommés.

France 2 précise avec malice que « la vengeance est un plat qui se mange froid ». La chaîne donne ainsi la parole au responsable du Michelin, qui dénonce les accusations de l‘ex-inspecteur. « Le client, si on avait des recommandations dans le guide qui ne correspondaient pas à ce qu’il trouve sur place, il va nous le dire », clame le directeur du guide.

Le reportage se conclut sur une note complaisante : « les étoiles sont toujours une référence, en cuisine comme en salle », affirme la voix off de la journaliste. Difficile en effet de tirer à boulets rouges sur un ouvrage élevé au fil du temps au rang d’institution (et de se priver à l’avenir de sujets pourvoyeurs d’audience). Gare toutefois à ne pas se transformer en un banal passe-plat.

Retrouvez le sujet diffusé par France 2 le 22 avril 2004 en intégralité sur le site de l’INA.

Thomas Deszpot 

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