L’Avant-Veille de l’hiver 2017

Après l’automne, place à l’hiver et à son lot de marronniers : en amont de la campagne présidentielle qui s’annonce, certains sujets restent d’actualité alors qu’on les croyait définitivement clos. À commencer par l’homophobie dont font preuve certains hommes politiques.

par La rédaction
3 min

Dans l’espace, poubelle la vie

Longtemps théâtre d’une lutte d’influence entre Russie et États-Unis, l’espace s’ouvre peu à peu à de nouvelles puissances. L’Inde en fait aujourd’hui son nouveau terrain de jeu : elle a battu en cette mi-février un record, envoyant en orbite pas moins de 104 satellites. Le tout avec une seule fusée, du jamais vu jusqu’à présent.

Si les lancements de satellites contribuent à l’essor économique du pays et à son développement, le devenir de ces outils de pointe interroge. Une fois usagés, impossible en effet de les rapatrier sur Terre afin de les recycler comme de vulgaires canettes de sodas.

Décharge à ciel ouvert

À mesure que les satellites et leurs débris se multiplient au-dessus de nos têtes, voilà que les risques de la pollution spatiale émergent. En avril 2008 déjà, Futura-Sciences alertait sur ce phénomène, évoquant une triste « année record » en la matière.

Ces déchets spatiaux, nous les retrouvons à différentes altitudes : « l’orbite basse n’est plus la seule concernée », indiquait ainsi le site spécialisé, « aujourd’hui c’est bien l’orbite géostationnaire qui préoccupe le plus ». Et de dresser un rapide état des lieux : « À ce jour, 365 satellites opérationnels s’y trouvent, mais aussi 1 147 objets indésirables. Afin d’éviter l’engorgement de cette orbite, déjà passablement encombrée, les satellites en fin de vie sont expédiés 300 kilomètres plus haut, sur une orbite ‘cimetière’ où ils pourront rester quelques millénaires sans gêner personne. »

Un satellite en orbite
Satellite ou futur déchet spatial ? (illustration CC BY NASA Goddard Space Flight Center)
E.T. n’oserait plus s’aventurer dans nos parages !

Il y a dix ans déjà, la question des déchets spatiaux commençait à se faire pressante. Une situation qui n’a cessé d’empirer, au point que le Centre national d’études spatiales déclare un « état d’urgence » en septembre 2016. Le CNES qui précise qu’en l’espace d’une décennie, « le nombre de débris spatiaux en orbite a doublé ». Pourquoi tant d’inquiétude ? « Le risque de rencontrer un artefact d’origine humaine est ainsi largement supérieur à celui d’entrer en collision avec une météorite », écrit Futura-Sciences. Le site poursuit, espiègle : « E.T. n’oserait plus aujourd’hui s’aventurer dans nos parages ! »

Agir d'abord, réfléchir plus tard

La multiplication des satellites et de leurs débris pourrait engendrer des risques majeurs à très court terme. Problème : « il n’existe actuellement aucune solution pour venir à bout de cet encombrant nuage de débris », déplore Futura-Sciences, « si ce n’est attendre que l’atmosphère ait fait son œuvre en freinant suffisamment ces déchets pour qu’ils retombent sur Terre en se consumant ».

Star des réseaux sociaux depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le Français Thomas Pesquet se montrerait sans doute sensible à cette problématique. « Un objet de taille millimétrique peut perforer sans le moindre problème un scaphandre d’astronaute », rappelle dans son article le journaliste, « et aucun blindage ne résiste à un corps de 1 à 2 centimètres lancé à la vitesse orbitale ».

Qu’importe, l’Inde se rejouit du succès de ce nouveau lancement, comme du record qui l’accompagne. Il s’agit là d’une « réussite exceptionnelle » pour le pays s’est réjoui le Premier ministre Narendra Modi. Sans solution pérenne pour lutter contre la multiplication des déchets spatiaux, il ne suffira bientôt plus de s’envoyer en l’air pour jouir de l’espace et de ses richesses.

Retrouvez l’article de Futura-Sciences sur leur site.

Thomas Deszpot 

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