L’Avant-Veille de l’hiver 2017

Après l’automne, place à l’hiver et à son lot de marronniers : en amont de la campagne présidentielle qui s’annonce, certains sujets restent d’actualité alors qu’on les croyait définitivement clos. À commencer par l’homophobie dont font preuve certains hommes politiques.

par La rédaction
3 min

Pollution de l’air intérieur : la réglementation fait pschitt

Alerte : en voulant épurer nos intérieurs avec des désodorisants ou autres pschitts assainissants, nous avons contribué à… exposer davantage nos poumons à des substances dangereuses. C’est 60 millions de consommateurs qui nous (re)met en garde. Pour le magazine, ce serait même la première source de pollution intérieure. Un comble.

Les médias qui feignent de découvrir cette nouvelle menace sanitaire, à la une aujourd’hui, sont bien tête en l’air. Il y a quelques années, l’UFC-Que Choisir avait trouvé en 34 parlementaires ainsi que la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno, des cobayes de choix pour tester l’air de leurs maisons et bureaux. Le magazine publiait ses résultats en août 2010. Et stupeur : l’échantillon des 35 découvrait que l’air inhalé au quotidien, chez soi ou au travail, était fort pollué.

Polluants partout, air sain nulle part

« L’association de consommateurs a eu l’idée originale de solliciter 150 parlementaires, impliqués dans des commissions sur la santé ou la pollution de l’air, pour qu’ils deviennent des testeurs volontaires », raconte Sophie Caillat, dans un article publié sur Rue89 à l’été 2010. 20 parlementaires UMP, 12 PS, deux centristes et Chantal Jouanno se sont finalement prêtés à l’exercice. Au programme ? Une semaine de prélèvements via des capteurs en tous genres, à la maison ou au bureau.

Un doigt appuie un spray, qui diffuse une substance en intérieur
Le spray peut-il nous tuer ? (Illustration CC BY Felipe Ernesto)

Le verdict est sans appel : « 29 [tests, NDLR ] sur 35 sont ‘mauvais’, dont neuf ‘très mauvais’. Aucun n’obtient de mention ‘bien’ ». Au total, selon l’étude de l’UFC-Que Choisir, ce sont des airs chargés de « centaines de milliers de substances chimiques potentiellement cancérigènes ». De quoi réveiller les cobayes des commissions santé et pollution chargés de faire la loi.

De la rage dans l’air

« Je suis en danger ! », s’alarmait Gérard Bapt. Pour cause, le député PS de Haute-Garonne avait installé « les kits de testing une semaine dans son bureau tout neuf de l’Assemblée, ‘où personne ne fume’ », explique Rue89. Le député UMP de l’Isère, Georges Colombier, était pour sa part surpris de la mauvaise qualité de l’air de sa résidence, située « en pleine campagne » : « son logement concentre quatre fois plus de benzène que la valeur repère fixée par la réglementation (2 µg/m3) ». Produits d’entretiens, meubles, proximité avec un aéroport : toutes les sources sont incriminées lors de cette prise de conscience des députés et sénateurs.

De son côté, Chantal Jouanno a été plus discrète sur la qualité de son air intérieur en refusant de s’exprimer sur le sujet, mais elle a « promis une meilleure surveillance de ces polluants ». Ouf, « une meilleure surveillance ».

Et, de fait, depuis, diverses mesures et obligations ont été distillées à destination des industriels : depuis le 1er janvier 2012, l’étiquetage des revêtements de sol, mur ou plafond, cloisons et faux plafonds, entre autres, est obligatoire. Celui concernant les produits d’entretien et les dépolluants en bombe aurait dû arriver à la fin de l’année 2013. Il faudra attendre 2017 pour qu’aboutisse, peut-être, une réglementation des désodorisants à combustion. Bref, en attendant de le dépolluer, les élus brassent de l’air.

L’ensemble des résultats (et réactions des politiques en colère) est à lire sur Rue89. Attention, toutefois, à la vidéo en autoplay en bas de l’article.

Claire Berthelemy 

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