L’Avant-Veille du printemps 2017

Tout au long de l’année, L’imprévu vous offre un regard décalé sur l’actualité en rebondissant sur les archives des médias. Des quotidiens nationaux aux télévisions locales, des émissions de radio aux médias en ligne, les infos d’hier éclairent notre présent.

par La rédaction
3 min

Grande barrière de corail : sa défense prend l’eau

Un blanchissement sans précédent frappe la Grande barrière de corail, au large de l’Australie. Inquiétant, ce phénomène, annonçant leur mort, s’est accru depuis l’an passé. Ce 10 avril, des scientifiques locaux ont affirmé que ces animaux un peu particuliers ne pourront se remettre de leur dévitalisation. Ils perdent en effet progressivement leurs couleurs, la faute aux changements climatiques et à des eaux toujours plus chaudes.

Cette situation critique, présentée il y a quelques mois par des chercheurs, a été confirmée officiellement par des observations aériennes de ce vaste site marin.

Les industriels comme des poissons dans l’eau

L’évolution du climat n’est pas le seul facteur de risque pour les coraux. Si l’Australie s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (dans le cadre des Accords de Paris), son économie fait la part belle à l’exploitation des énergies fossiles.

Croissance économique et protection de l’environnement s’affrontent

L’activité industrielle du pays, l’ONU en craignait déjà les conséquences en 2012, comme le rapportait un article du Monde de l’époque. « Une fois de plus, croissance économique et protection de l’environnement s’affrontent », lâche le quotidien.

« Tout est parti d’un léger incident diplomatique », poursuit la journaliste Audrey Garric. En effet, Canberra autorisait quelques mois plus tôt « l’installation d’une usine de gaz liquéfié naturel […] tout au sud de la Grande barrière, sans en référer à l’Unesco ». Problème, précise Le Monde : ce site unique est protégé « depuis 1981 », les Nations unies ont donc « pour vocation de protéger ce récif ». L’extension d’un port à Glandstone interroge elle aussi, « l’Unesco, de même que les associations écologistes, voit ainsi d’un mauvais œil ces deux chantiers ».

La Grande barrière de corail, au large de l'Australie.
La survie des coraux est désormais menacée. (Illustration CC BY Robert Linsdell)
Les entreprises devront draguer le fond de l’océan

La floraison des projets industriels, dans le Queensland notamment, inquiète au plus haut point l’ONU : « Pour construire les installations, les entreprises devront en effet draguer le fond de l’océan, provoquant d’importantes quantités de déblais déposés au fond de la réserve, polluant l’eau et affectant les écosystèmes », rappelle Le Monde. Dans cette partie de l’Australie, deux autres grands ports charbonniers devraient voir le jour, l’un devenant le plus grand terminal au monde. « L’économie du pays est en effet de plus en plus dépendante de l’industrie du charbon », souligne un rapport de l’Office australien des statistiques cité par le journal.

Panique à bord !

« Au rythme actuel de croissance et d’expansion portuaires, 10 000 navires chargés de charbon ou de gaz pourraient traverser chaque année la Grande barrière de corail, soit un par heure. » Cette estimation de Greenpeace relayée dans l’article du Monde laisse deviner le risque environnemental sur place. Que faut-il craindre ? « L’échouage de ces bateaux qui vont devoir naviguer entre les récifs et le déversement de substances toxiques, charbon, gaz et pétrole. »

Certaines espèces marines « sont par ailleurs menacées par l’industrialisation et la pollution de masse de la côte », note le quotidien du soir, d’autant que « la croissance de l’utilisation du charbon affecte les récifs en raison des émissions élevées de dioxyde de carbone. »

Déjà « à un carrefour » de son histoire en 2012, la Grande barrière de corail fait face à des menaces protéiformes. Si les navires – comme les actions de protection -, venaient à échouer, l’avenir de la septième merveille du monde se trouverait réduit à une impasse.

Retrouvez en intégralité l’article du Monde, publié le 07 Mars 2012.

Armelle Desmaison 

Précédent
Suivant

Enquêtes, retours, explications, promenez-vous sur L'Imprévu