L’Avant-Veille du printemps 2017

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par La rédaction
3 min

Grands PDG : l’hyper indécence des super bonus

Tahiti ? Les Maldives ? Bali ? Pour profiter de ses vieux jours, Carlos Ghosn aura l’embarras du choix. Avec un salaire annuel estimé à 7 millions d’euros, le patron du groupe Renault-Nissan semble à l’abri du besoin. Un train de vie confortable qui pourrait encore s’améliorer : l’agence Reuters dévoile ce matin que l’entreprise automobile prévoit d’attribuer un « super bonus » de plusieurs millions d’euros au PDG et à une poignée d’autres dirigeants.

Ce plan — démenti par le constructeur —, consiste à reverser aux pontes du groupe une part des bénéfices tirés de l’alliance récente avec Mitsubishi. Au programme : un florilège des meilleures techniques d’optimisation fiscale, qui permettent en passant de se soustraire aux cotisations sociales françaises.

Pas de jaloux

Ce n’est pas la première fois qu’un « super bonus » fait parler de lui. Ces rémunérations complémentaires suscitent régulièrement des remous, à l’instar de celles perçues par le PDG de la Fnac, Alexandre Bompard. En 2015, un « plan performance » devait lui permettre d’empocher 11 millions d’euros. Le résultat d’un astucieux arrangement contractuel que détaillait BFM Business.

Balthazar Picsou nageant dans un flot de pièces et de billets.
Les sommes évoquées font tourner les têtes. (Illustration CC BY Mike Mozart)

Tout commence en 2013, lorsque « le conseil d’administration de l’enseigne a décidé lors de son introduction en bourse de mettre en place un plan de performance pour son PDG, lui permettant de toucher un complément salarial dont le montant devait dépendre du cours de bourse au moment où il lui sera versé ». En clair, 50% de sa rémunération annuelle est calculée en fonction de la valeur affichée par les actions Fnac. Un véritable jackpot pour Alexandre Bompard : « Cet accord a été décidé alors que le cours de bourse était à 18 euros, or il a triplé depuis », expliquaient des responsables de l’entreprise à BFM Business.

Une somme digne d’une star du PSG

Dans une France où 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, le numéro 1 de la Fnac a donc reçu en 2015 des émoluments 517 fois supérieurs au salaire médian. « Une somme digne d’une star du PSG », comme le fait remarquer le site d’info.

Recettes controversées

Si les montants reçus par Alexandre Bompard interpellent (ils ont encore augmenté en 2016), force est de constater que la Fnac s’est redressée sous sa présidence. De quoi justifier une rémunération record ? « Il faut récompenser le talent, le résultat et l’effort à tous les niveaux », jugeait à l’époque le patron du Medef, Pierre Gattaz, « il a droit à un bonus, à quelque chose, à condition qu’il y ait un partage de richesse. »

Ce partage, les salariés ne l’ont que très partiellement observé. Malgré une prime d’intéressement aux résultats en hausse (414 euros brut contre 205 euros un an plus tôt), ils n’ont pas observé d’évolution particulière sur leur fiche de paie. Un délégué syndical rappelait également que le groupe a « vécu plusieurs plans sociaux ». Le redressement de la Fnac, souligne BFM Business, a été « réussi au prix d’un plan de 80 millions d’euros d’économie », entraînant « la suppression de 510 postes ».

Deux ans après Alexandre Bompard, Carlos Ghosn commence lui aussi à « semer la tempête ». Pour faire accepter un « super bonus », sans doute lui faudra-t-il trouver une « super soluce ».

Pour revivre en détail la controverse qui a entouré le bonus d’Alexandre Bompard, retrouvez l’article de BFM Business. 

Thomas Deszpot 

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