L’Avant-Veille du printemps 2017

Tout au long de l’année, L’imprévu vous offre un regard décalé sur l’actualité en rebondissant sur les archives des médias. Des quotidiens nationaux aux télévisions locales, des émissions de radio aux médias en ligne, les infos d’hier éclairent notre présent.

par La rédaction
2 min

Sous le joug de Kadyrov, une Tchétchénie pas très gaie

C’est le journal d’enquête russe Novaia Gazeta, qui l’annonce : la Tchétchénie aurait lancé, depuis la fin mars, une opération de persécution contre des homosexuels. Le média rapporte qu’au moins une centaine de personnes aurait été torturée et détenue dans des prisons secrètes. Trois détenus sont morts, mais il y en aurait beaucoup plus, selon des témoins sur place. Sur le banc des accusés, Ramzan Kadyrov à la tête du pays.

« Une désinformation », dément le dirigeant tchétchène, car il serait « impossible de réprimer des gens qui n’existent pas dans la République ». Pourtant, le pedigree du jeune président, publié par Le Figaro il y a dix ans presque jour pour jour, colle plutôt bien avec ce qu’on lui reproche.

De violents précédents

C’est en 2007 que Ramzan Kadyrov a prêté serment comme président de la République de Tchétchénie, après sa nomination par Vladimir Poutine.

Je suis un fantassin de Poutine

La mort de son père « propulse le jeune homme à la barbe rousse, aux allures d’adolescent gauche, sur le devant de la scène tchétchène », indique Le Figaro. Et dès sa prise de pouvoir, Ramzan Kadyrov n’a jamais hésité à exprimer son fervent soutien au Kremlin. « Je suis un fantassin de Poutine et j’exécuterai n’importe lequel de ses ordres », déclare-t-il dans une interview au journal russe, Moskovskye Novosti, et rapporté par Le Figaro. Qui ajoute : il « s’impose, très vite, comme l’homme fort de la république, au service de Moscou ».

Ramzan Kadyrov et Vladimir Poutine
Ramzan Kadyrov, le protégé de Poutine, a été la cible de plusieurs accusations. ( Illustration CC BY Пресс-служба Президента Российской Федерации )

Un défenseur des droits de l’Homme sur le papier

Le protégé de Poutine a été, notamment, au centre de plusieurs accusations. À commencer par les atrocités commises contre la population tchétchène alors qu’il était responsable des milices, avant même de devenir président.

« La république caucasienne qui est un peu plus grande que l’Île-de-France a été saignée de 10 à 15% de sa population », signale l’article du Figaro. En 2007, on parlait de 100 000 à 150 000 morts, auxquels s’ajoutaient des dizaines de milliers d’exilés, de réfugiés, de blessés et traumatisés, sans oublier les règlements de comptes qui s’effectuaient au moyen d’enlèvements.

Ramzan est incontrôlable

On l’accuse également d’être impliqué dans l’affaire Anna Politkovskaïa, qui a fait couler beaucoup d’encre en 2006 : alors qu’elle dénonçait depuis longtemps les violations des droits de l’homme en Tchétchénie, la journaliste indépendante russe a été assassinée. Le Figaro contextualise : « Ramzan Kadyrov avait de nombreuses raisons d’en vouloir à la journaliste »« L’intéressé a bien sûr nié toute implication dans le meurtre », en se posant sans scrupule en « défenseur des droits de l’homme », ajoute le quotidien.

Seulement, le président a un défaut : « Beaucoup d’observateurs soulignent que, doté des pleins pouvoirs dans son fief, Ramzan est incontrôlable ». Incontrôlable, jusqu’à torturer des homosexuels et les forcer à livrer le nom d’autres gays de leur entourage ?

Retrouvez en intégralité l’article du Figaro, publié le 06 avril 2007.

Islam Abdelouali 

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