L’Avant-Veille du printemps 2017

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par La rédaction
3 min

L’objet connecté de demain dictera la couleur de vos slips

Jamais à court d’idée, Amazon vient de dévoiler un nouveau produit. Le dernier gadget du géant de la vente ? Une enceinte. Rien de bien original, à ceci près qu’elle appartient à la famille des très tendances objets connectés. Équipé d’une webcam, ce petit appareil vous reluque des pieds à la tête et vous conseille pour choisir dans votre garde-robe la tenue la plus adaptée à chaque situation. En quelques secondes, les férus de mode pourront également partager leurs choix vestimentaires quotidiens à leurs amis et followers.

Bienvenue dans la matrice

À terme, Amazon songe à de nouveaux usages pour cette enceinte-caméra (ou caméra-enceinte, c’est selon). Elle pourrait en effet devenir un dispositif de sécurité pour les entreprises, pas si éloigné des classiques outils de vidéosurveillance. Quid de la confiance accordée à ces objets connectés et du respect de la vie privée ? Le site Atlantico songeait en mai 2014 aux potentielles dérives liées à ces dispositifs intrusifs. Il interrogeait alors Fabrice Epelboin, enseignant à Science Po et cofondateur d’une start-up spécialisée notamment dans la sécurité informatique.

Les dérives sont infinies

Assez alarmiste, l’intéressé estime que « les dérives sont infinies, d’autant plus vastes qu’il nous est impossible d’entrevoir ce que l’on pourra faire demain de ces données. » Selon lui, « avec l’internet des objets, nous allons émettre une quantité invraisemblable de données directement liées à notre intimité, et alimenter ce que l’on nomme pudiquement la ‘Big Data’ ». Cette masse d’informations, les entreprises ne sont pas les seules à les convoiter : « les plus grands pirates informatiques s’avèrent – à la lumière de l’affaire Snowden -, être les États démocratiques qui nous gouvernent », lance Fabrice Epelboin à Atlantico.

Des sous-vêtements sur un fil à linge.
Faire confiance à un objet connecté pour piocher dans sa garde-robe ? Une certaine vision du futur... (Illustration domaine public)

Vivons heureux, vivons cachés

Lorsque le site d’info lui demande si les objets connectés sont à ses yeux des espions, l’entrepreneur et enseignant répond que « le soucis n’est pas tant d’avoir des mouchards chez soi – après tout, mon frigo ne va pas vous apprendre grand-chose (ou pas) -, que de ne pas être en mesure d’appréhender intellectuellement le champ des possibles ouvert par les données mises à disposition par l’internet des objets ».

Mon frigo ne va pas vous apprendre grand-chose

Au journaliste d’Atlantico, Fabrice Epelboin explique qu’il adopte une posture prudente vis-à-vis des objets connectés. Et ce, « malgré une passion établie depuis longtemps pour tout ce qui relève du gadget technologique ». Aujourd’hui, « il apparaît de plus en plus raisonnable de minimiser les traces électroniques que l’on laisse, et donc de faire l’impasse », assure-t-il.

Une évolution de la législation pourrait changer la donne, « pour que l’internet des objets soit adapté au monde dans lequel on vit, pour qu’il ne puisse pas être retourné contre nous tôt ou tard ». Faut-il laisser la main aux politiques pour avancer ? « Les députés en mesure d’appréhender intellectuellement cette problématique se comptent sur les doigts de la main », juge sévèrement Fabrice Epelboin, pessimiste. Pour encadrer Amazon et les autres concepteur d’objets connectés, des politiques déconnectés ne seront pas forcément les mieux placés.

Retrouvez en intégralité l’article d’Atlantico, publié le 19 mai 2014.

Thomas Deszpot 

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