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par La rédaction
3 min

Netflix va bien, la Hadopi n’y est pas pour rien

Fan de séries ? De cinéma ? Peut-être faites-vous partie des presque 100 millions d’abonnés que déclare Netflix à travers le monde. Le service de vidéo en streaming ne devrait plus tarder à atteindre ce seuil, lui qui rassemble 600 000 adeptes en France depuis septembre 2014, toujours selon l’entreprise.

Sa croissance régulière illustre l’avènement progressif du streaming et la viabilité potentielle d’une offre légale dans le domaine de la vidéo en ligne. Bien loin du peer-to-peer qui a terrorisé l’industrie musicale et cinématographique durant les années 2000.

Pirates à l’abordage

Conçue pour lutter contre le téléchargement illégal, la célèbre loi Hadopi a-t-elle favorisé le développement du streaming et, in fine, de plateformes telles que Netflix ? Un article du site Slate, publié en octobre 2009, le laissait entendre sans détour. Alors qu’à l’époque, la Hadopi 2, seconde mouture de la loi, vient d’être approuvée par le Conseil constitutionnel, celle-ci « paraît déjà obsolète face à de nouvelles pratiques telles que le streaming », lance le pure-player.

Netflix est devenu l'un des piliers du streaming légal à travers le monde. (Illustration CC BY Mark Krynsky)
Cette diffusion en continu ne permet pas de remonter jusqu’à l’utilisateur

« Le film que vous voulez voir n’est plus en salle, mais n’est pas encore sorti en DVD ? Tapez son titre dans Google, suivi de ‘streaming’, vous devriez rapidement trouver… », assure Slate, qui note la recrudescence des sites dédiés en cette fin d’année 2009. Son avantage principal : « cette diffusion en continu, sans téléchargement, ne permet pas de remonter jusqu’à l’utilisateur », de quoi faire le bonheur des internautes épinglés par la Hadopi et menacés de poursuites. Échaudés, ils se sont tournés vers le streaming, permettant de remplacer « Emule et bittorent dans le cœur des pirates ».

Slate poursuit son propos en citant un rapport éloquent, qui expliquait quelque temps auparavant que « le peer-to-peer ne représentait plus […] que 18% du trafic mondial. En deux ans, le chiffre a diminué de moitié : il correspondait à 40% du trafic mondial en 2007. »

Lignes de codes et formule magique

La Hadopi n’est pas seule responsable de cette tendance. Les faibles contraintes techniques jouent un rôle prépondérant : « créer un site proposant illégalement des films et des séries en streaming n’est pas très compliqué », certifie l’auteur de l’article. Slate donne ainsi la parole à un jeune entrepreneur. À 28 ans, il a senti ce bon filon et a lui-même créé une plateforme de lecture (illégale, faut-il le préciser). « Après quelques mois, j’avais 70 000 visiteurs quotidiens, et je faisais un chiffre d’affaires de 4 000 euros par mois », se réjouit-il, une somme rondelette générée grâce à la publicité.

Flirtant avec les lois et enfreignant le droit d’auteur, ces sites d’un nouveau genre étaient promis à une existence tumultueuse. Des références en la matière, « comme divx-en-ligne.com et Raven.com ont fermé […] sans attendre l’arrivée de la police. Résultat, la plupart des sites de streaming sont donc aujourd’hui hébergés à l’étranger », indique Slate.

À l’instar de Deezer dans le secteur musical, né sur les ruines de Radioblog, Netflix a fait le choix d’une offre légale pour proposer films et séries. Une formule qui semble trouver son public et permet à l’entreprise de grimper en bourse. Les prémices d’un feuilleton aux allures de success-story ? Pour en juger, attendons les prochains épisodes.

Retrouvez en intégralité l’article de Slate, publié le 15 octobre 2009.

Thomas Deszpot 

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