L’Avant-Veille du printemps 2017

Tout au long de l’année, L’imprévu vous offre un regard décalé sur l’actualité en rebondissant sur les archives des médias. Des quotidiens nationaux aux télévisions locales, des émissions de radio aux médias en ligne, les infos d’hier éclairent notre présent.

par La rédaction
3 min

Dans les océans de plastique, gare à ne pas boire la tasse

Le polyéthylène, une matière plastique très résistante et peu biodégradable, pollue sans aucune mesure nos océans. Bouteilles et sacs jonchent les fonds marins et les plastiques les plus résistants mettent plusieurs siècles à se dégrader. Ils risquent à terme de détruire des écosystèmes marins, faisant des poissons leurs premières victimes. Pour endiguer ce phénomène, un groupe de chercheurs espagnols mise beaucoup sur une larve, capable de dévorer le polyéthylène. Les travaux, publiés en cette fin avril par les scientifiques ibériques, insistent sur les bénéfices potentiels de cette découverte à moyen et long terme

Un 7e continent

En explorant les mers du globe, il est possible de saisir l’urgence de la situation et le danger que représente le plastique pour l’environnement. En 2016, la rédaction de Reporterre alertait sur cette situation, rapports à l’appui : « Si rien ne change, il y aura plus de plastique dans les océans que de poissons », titrait le site d’information.

Cette pollution est sournoise

« Cette pollution est sournoise. La plupart du temps depuis le pont du bateau, on ne perçoit pas les microparticules de plastique », assure un navigateur à la tête d’une mission d’observation. « Elles apparaissent comme des confettis quand la mer est très plate. Mais si la mer est agitée, on passe complètement à côté. » Totalement invisibles, les plus infimes de ces particules s’avèrent « 30 000 fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu », précise le site spécialisé dans l’écologie.

Une plage polluée par du plastique.
Les plastiques sur les plages ne sont rien par rapport à ceux en mer. (Illustration CC BY vaidehi shah)

Reporterre n’hésite pas à réutiliser le terme de « 7e continent » pour désigner ces amas de plastiques, qui stagnent dans des « gyres océaniques », sortes d’« immenses tourbillons marins » formés par « les courants marins sous l’effet de la rotation de la Terre ». On en dénombre cinq aujourd’hui, de l’Atlantique Nord au Pacifique Sud.

Nanoparticules, gros dangers

Les espèces marines sont les premières victimes des plastiques qui inondent les océans. Les sacs de courses sont notamment confondus avec des méduses par les tortues de mer. Cela ne signifie pas pour autant que, réduits à l’état de microparticules, les emballages et autres bouteilles cessent de représenter un danger : « Plus les particules sont petites, plus elles se diffusent et transpercent les membranes cellulaires et même les noyaux de cellules », confie à Reporterre un chercheur du CNRS.

Plus les particules sont petites, plus elles se diffusent

Ce dernier s’inquiète de voir le plastique, sous cette forme microscopique, pénétrer l’organisme des poissons ou du plancton. « Imaginons maintenant que tous les polluants du monde soient accrochés à ces nanoparticules […] nous pensons que les métaux lourds, additifs et compléments organiques sont transportés par ces nanoparticules. »

Ces constats imposent des réponses rapides et efficaces, d’autant que « la production mondiale de plastique, multipliée par 20 en cinquante ans, pourrait doubler dans les vingt prochaines années », note Reporterre. La récente interdiction des sacs en plastique fin dans les supermarchés devra sans nul doute s’allier à des mesures de grande envergure pour contrer ce mouvement. Dans ce contexte, les récentes découvertes des scientifiques représentent donc un réel espoir, à condition que leurs recherchent ne demeurent pas à l’état larvaire.

Retrouvez en intégralité l’article de Reporterre, paru le 12 mai 2016.

Thomas Deszpot 

Précédent
Suivant

Enquêtes, retours, explications, promenez-vous sur L'Imprévu