L’Avant-Veille du printemps 2017

Nous voilà lancés à toute allure dans la campagne présidentielle. À n’en pas douter, ce printemps sera politique ou ne sera pas. De débats passionnés en prises de position tranchées, l’actualité voit plus que jamais germer les réflexions autour des grands enjeux de société.

par La rédaction
2 min

La parité pousse doucement dans les champs

Après le décès du très clivant Xavier Beulin, la FNSEA s’est trouvé un nouveau représentant. Une représentante plus précisément, puisque le syndicat agricole a pour la première fois nommé une femme à sa tête.

Les mauvaises langues souligneront que Christiane Lambert, devenue présidente ce jeudi 13 avril, était seule en lice, elle qui assurait jusque-là la direction par intérim. Cette nomination n’en demeure pas moins symbolique. Elle apporte une visibilité plus importante au rôle croissant que tiennent aujourd’hui les femmes dans l’agriculture.

Les femmes creusent leur sillon

Propulsée sur le devant de la scène, Christiane Lambert pourrait aider à rompre avec l’image plutôt machiste reflétée par le monde agricole. D’autant que dans les étables ou dans les champs, la féminisation s’accélère. Un constat que dressait voilà deux ans le site Terrafemina. « Malgré la persistance d’une certaine misogynie », le secteur « s’est largement ouvert aux femmes ces dernières années », assurait ainsi le magazine.

L’agriculture n’est pas l’apanage de paysans bourrus

« L’agriculture n’est pas l’apanage de paysans bourrus en quête d’amour hebdomadaire sur M6 », lance l’auteur de l’article dès les premières lignes. Et pour cause : « aujourd’hui plus du quart des chefs d’exploitations agricoles françaises (27%) sont des femmes ». Une petite révolution : ce pourcentage « a presque quadruplé en 40 ans puisque les femmes ne représentaient que 8% des chefs et coexploitants en 1970 ».

Une femme travaille dans un champ.
Dans les champs, les femmes prennent du galon. (Illustration domaine public)

Cette tendance de fond devrait logiquement se poursuivre, indique Terrafemina : « On estime que dans une dizaine d’années, un tiers des exploitations seront dirigées par des femmes. » Il s’agit là de véritables vocations. En effet, difficile d’imaginer que l’appât du gain guide les candidates à l’installation, surtout que les « disparités », comme dans de nombreux secteurs, demeurent sur le plan financier. Notamment « dans le montant des retraites d’agriculteurs entre les sexes », indique le magazine en ligne, avec « 784 euros par mois en moyenne pour les hommes, contre 552 euros pour les femmes ».

Récolter le fruit de leur travail

Si la dynamique de la féminisation semble bel et bien enclenchée, l’image du paysan viril et quelque peu bourru ne s’est pas encore totalement évaporée. « Il faut faire ses preuves. On nous attend beaucoup au tournant parce que les gens se demandent ce que va faire une femme à conduire un gros tracteur », lâche ainsi Céline, agricultrice de 37 ans dans les Deux-Sèvres. Son témoignage, recueilli par BFMTV et repris par Terrafemina, illustre le chemin qui reste à parcourir.

Des propos surprenants ? Pas vraiment, particulièrement « quand on sait que le mot ‘agricultrice’ n’est entré dans le dictionnaire qu’à partir de 1960 », conclut Terrafemina. Née en juin 1961, Christiane Lambert a hérité de ces acquis, elle qui souhaite « redonner des perspectives à l’agriculture ». Renforcer le rôle des femmes et leurs droits, plus qu’une idée à semer : un champ d’action à explorer.

Retrouvez en intégralité l’article de Terrafemina, publié le 2 mars 2015.

Thomas Deszpot 

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