L’Avant-Veille du printemps 2017

Tout au long de l’année, L’imprévu vous offre un regard décalé sur l’actualité en rebondissant sur les archives des médias. Des quotidiens nationaux aux télévisions locales, des émissions de radio aux médias en ligne, les infos d’hier éclairent notre présent.

par La rédaction
3 min

Quelles recettes pour remplumer des mannequins à la diète ?

« Lorsque je suis arri­vée à Paris pour être mannequin, on m’a demandé de maigrir. Ça a été un choc car j’étais consi­dé­rée comme ‘la maigre’ de la famille. » Désormais retraitée des podiums, Adriana Karembeu est revenue, pour le magazine Nous Deux, sur sa carrière dans la mode. Dans cet univers où l’apparence est reine, l’ex-modèle raconte une dictature de la maigreur où le moindre kilo est traqué sans pitié. « Je devais m’affamer pour pouvoir rentrer dans du 34 », se remémore la filiforme Slovaque.

Un défilé de mesures en Espagne

Ce témoignage ne surprend guère. Nombreuses sont les mannequins à avoir subi ces injonctions à la maigreur. Un combat contre les courbes qui peut virer jusqu’à l’anorexie, sous ses formes les plus graves. Pour lutter contre ces dérives, le magazine Marie Claire dressait en 2008 un état des lieux des mesures prises dans les pays à la pointe de la mode.

S’obséder avec son poids peut nuire à la santé

Si l’objectif premier reste de protéger la santé des top models, il s’agit aussi d’éviter un phénomène de mimétisme pour le public. « Les mannequins taille XXS sont sur le banc des accusés car on leur reproche d’être à l’origine des troubles alimentaires des nouvelles générations », indique Marie Claire en préambule.

L’article souligne les efforts des pays latins, l’Espagne notamment, où « certaines marques ont pris fait et cause pour la lutte contre l’anorexie ». Exemple : C&A, qui appose sur ses vêtements « une étiquette stipulant que ‘s’obséder avec son poids peut nuire à la santé’ ». Chez nos voisins ibériques toujours, « plusieurs enseignes de prêt-à-porter […] se lancent dans une campagne de mensuration nationale afin de redimensionner leurs vêtements en fonction des formes réelles des femmes ».

Une mannequin défile.
Une dictature du poids sévit toujours sur les podiums. (Illustration CC BY GoToVan)

En Espagne, la loi se montre stricte. Défiler est ainsi « interdit aux mannequins ayant un IMC inférieur à 18, c’est-à-dire pesant moins de 55 kg pour 1,75 m ». Une intransigeance à laquelle sont loin de souscrire tous les pays.

L’anorexie ? Ça me fait de belles jambes

Le volontarisme observé de l’autre côté des Pyrénées tranche avec le « laxisme » des pays anglo-saxons, pointé du doigt par Marie Claire. « Le Conseil de la mode britannique a en effet abandonné le mois dernier [en août 2008, NDLR] un projet d’exiger des certificats médicaux des mannequins », précise le magazine féminin. « Cela marchera seulement si c’est une solution internationale », se justifiait la directrice dudit Conseil.

L’anorexie est passée sous silence

Ce n’est guère mieux aux États-Unis, qui accueillent chaque année de nombreux défilés, mais peinent à poser le problème de la maigreur sur la table. « Les responsables de la Fashion Week de New York ont adopté en 2007 une liste de consignes, comme interdire l’alcool et le tabac lors des défilés, mais l’anorexie est passée sous silence », déplore Marie Claire.

Quid de la France ? L’article rappelle que « les agences de mannequins doivent posséder, pour exercer, une licence délivrée par la préfecture de leur département, et l’emploi des mineurs de moins de 16 ans est soumis à une réglementation stricte ». En 2015, une loi a été votée par l’Assemblée, elle exigeait que les mannequins disposent d’un certificat médical avant de pouvoir défiler. Une avancée théorique pour les jeunes femmes qui succèdent aujourd’hui à Adriana Karembeu. Faute de décret d’application, cette mesure est pourtant restée au frigo. Quand les élus reculent, les modèles trinquent.

Retrouvez en intégralité l’article de Marie Claire sur le site du magazine. 

Thomas Deszpot 

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