L’Avant-Veille du printemps 2017

Nous voilà lancés à toute allure dans la campagne présidentielle. À n’en pas douter, ce printemps sera politique ou ne sera pas. De débats passionnés en prises de position tranchées, l’actualité voit plus que jamais germer les réflexions autour des grands enjeux de société.

par La rédaction
3 min

Trump détricote l’héritage Obama ? « OH SCHIST ! »

Bien décidé à rompre avec son prédécesseur à la Maison Blanche, Donald Trump profite de son début de mandat pour revenir sur des engagements marquants de la présidence Obama. En matière d’environnement, il signe en ce 28 mars un décret annulant les promesses américaines pour réduire la production de gaz à effet de serre.

Intitulé « Indépendance de l’énergie », le document paraphé par le néo-président provoque des ulcères aux militants écologistes. Côté géants de l’énergie, c’est plutôt l’explosion de joie.

Fracturation

Outre la relance des exploitations de charbon, une sortie de l’accord de Paris sur le climat reste envisagée. Donald Trump a en tout cas promis d’« embrasser la révolution des gaz et huiles de schiste ». Des sources d’énergie sur lesquelles se penchait dès 2010 le site Basta!, craignant le développement de cet « inquiétant nouveau filon des compagnies pétrolières ».

Portrait de Donald Trump
Trump, soutien numéro 1 aux énergies fossiles. (Illustration domaine public)
La prospection bat son plein

Le gaz de schiste (parfois nommé gaz de shale) ? Il « fait un carton en Amérique du Nord », lance sans détour le magazine en ligne. Qui précise : « En dix ans, le nombre de puits produisant ce gaz au Texas est ainsi passé de 523 à 6 200 ! La prospection bat son plein, de l’estuaire du Saint-Laurent au Canada à la chaîne des Appalaches aux États-Unis. » Cette ressource nouvelle pose toutefois des problèmes, dus à son mode d’exploitation. En effet, « de grandes quantités d’eaux, agrémentées de produits chimiques, doivent être injectées pour disloquer la roche et libérer ainsi le gaz, ensuite récupéré ».

Ce procédé, la fracturation hydraulique, inquiète en France. Si bien que la recherche et l’exploitation des gaz de schiste sont aujourd’hui au point mort dans l’Hexagone. Une prudence outrepassée par les États-Unis, qui espèrent garantir dans le futur leur indépendance énergétique.

Facturation

« Les réserves mondiales représenteraient plus de quatre fois les ressources de gaz conventionnel », dont une quantité non négligeable sur le sol nord-américain, relevait un géologue cité par Basta!, en 2010. De quoi réduire la dépendance aux habituels pays producteurs (Venezuela, Arabie Saoudite…) et facturer à sa population une énergie à un prix raisonnable.

Des déversements toxiques pendant 15 heures

Derrière ces gaz miracles, la réalité de l’exploitation se révèle moins enthousiasmante. Sur un site de Pennsylvanie, Basta! rappelle que « la trop forte pression dans le puits de forage y a provoqué une explosion, entraînant des déversements toxiques pendant 15 heures. » Le risque pour les populations est réel, d’autant qu’« avec le gaz de shale, les activités de l’industrie n’ont jamais été aussi proches de zones habitées », s’inquiétait un ancien vice-président de la compagnie pétrolière Mobil Oil, mentionné dans l’article.

Cette proximité des habitants avec les sites d’exploitation met directement en jeu leur santé. « Le 4 septembre [2010, NDLR], quatre chercheurs états-uniens ont publié la liste des produits chimiques qui, ajoutés à l’eau, servent à briser le roc », indique Basta!. « Ils ont identifié 944 produits utilisés par l’industrie. On ne connaît pas la composition de la moitié d’entre eux… »

Alors qu’en France, les risques pour l’environnement et les populations incitent pour le moment les autorités à la prudence, les États-Unis ont clairement choisi leur camp. Dans la course au schiste, Trump met plus que jamais les gaz.

Retrouvez en intégralité l’article de Basta!, publié le 6 décembre 2010.

Thomas Deszpot 

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