L’Avant-Veille du printemps 2017

Nous voilà lancés à toute allure dans la campagne présidentielle. À n’en pas douter, ce printemps sera politique ou ne sera pas. De débats passionnés en prises de position tranchées, l’actualité voit plus que jamais germer les réflexions autour des grands enjeux de société.

par La rédaction
3 min

L’incessante montée en charge de la voiture électrique

C’est un petit coup de tonnerre qui a frappé Wall Street en ce début avril. Pour la première fois de son histoire, le constructeur américain de voitures électriques Tesla a vu sa capitalisation boursière dépasser celle du géant Ford.

Au-delà d’intéresser le secteur financier, cette nouvelle symbolise le basculement vers une nouvelle époque. Si Tesla n’a vendu en 2016 que 76 000 véhicules – contre 6 millions du côté de chez Ford -, l’engouement autour des modèles électriques remet peu à peu en question l’hégémonie du moteur thermique.

En prise directe avec son époque

La voiture électrique sera-t-elle incontournable demain ? Pour prédire son avènement, les spécialistes se succèdent dans les médias depuis des décennies. En 1968 déjà, l’ORTF revenait sur l’histoire des modèles électriques et s’interrogeait sur leur futur.

Les débuts de la voiture électrique coïncident avec ceux de l’automobile

Dans ce reportage en noir et blanc, la chaîne nous rappelle que « les débuts de la voiture électrique coïncident avec ceux de l’automobile », en 1894. Un sacré bond en arrière ! En cette fin de siècle, la course au progrès s’accélère. Le journaliste explique ainsi qu’en 1899, « le coureur belge Camille Jenatzy au volant de la ‘jamais contente’ s’adjugeait le record du monde de vitesse avec 105 km/h ». Une petite prouesse qui prouvait les performances de ces voitures d’un genre nouveau.

Deux voitures électriques des postes parisiennes, livrées le 16 octobre 1904. (Illustration domaine public)
Deux voitures électriques des postes parisiennes, livrées le 16 octobre 1904. (Illustration domaine public)

Le début du XXe siècle amorce pourtant une baisse rapide de l’engouement autour de l’électrique, au profit des automobiles utilisant les énergies fossiles. Pour comprendre ce phénomène, un spécialiste interrogé par l’ORTF livre un début d’explication et prévient que pour l’analyser, « il faut faire appel à Freud ». « C’était pas viril ! », explique-t-il. « Le possesseur d’une voiture en 1900, c’est le même que celui qui a aujourd’hui une Ferrari, une Maserati ou une Lamborghini. […] Une voiture électrique c’était silencieux, c’était tranquille, alors qu’une voiture à essence ça faisait du bruit, ça sentait mauvais. Et puis le mâle mettait en route à la manivelle ! »

Déchargée des clichés

En 1968, la voiture électrique retrouve des couleurs. Le reportage de l’ORTF interroge plusieurs grands constructeurs qui manifestent tous un vif intérêt. Il présente par ailleurs l’étonnant œuf électrique, petit modèle créé durant la seconde guerre mondiale par un certain Paul Arzens. Le père de cet étrange véhicule miniature aux formes rondes assure que l’avenir est promis à l’électrique, notamment en ville : « elle doit son avantage à sa propreté, à son côté pratique ».

Elle doit son avantage à sa propreté

La taille réduite de ces modèles présente selon le reportage un argument de poids. Dans les villes, où leur utilisation semble privilégiée, ils pourraient répondre au manque de places de stationnement : « On pourrait en ranger deux fois plus », lance un expert au journaliste de l’ORTF.

Si les modèles de Tesla ou des autres constructeurs s’alignent sur le gabarit standard des véhicules actuels, leur utilisation dépasse également le cadre des villes où l’on souhaitait un temps les circonscrire. Dotées d’autonomies en hausse, les voitures électriques sont loin d’être statiques.

Retrouvez le reportage de l’ORTF sur le site de l’Institut national de l’audiovisuel. Il fut diffusé initialement le 26 avril 1968.

Thomas Deszpot 

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