Trafic en hausse pour la drogue en ligne

En 2013, le FBI mettait fin aux activités de Silk Road, une place de marché illégale installée à l’abri des moteurs de recherche, sur un réseau Internet parallèle et anonyme. Qualifié « d’eBay de la drogue » par les médias, le site est rapidement devenu la première plateforme de narcotrafic en ligne. Réduire le phénomène de la drogue sur le web à Silk Road serait trop simple : derrière l’opération de police largement relayée se cachent des problématiques souvent occultées. Confrontées à des usagers devenus presque invisibles, les associations tentent d’adapter leurs actions de prévention.

par Louis Adam
12 min
(Illustration CC BY Surian Soosay)
(Illustration CC BY Surian Soosay)

Internet a fait irruption sur le marché de la drogue. C’est le constat dressé par l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) dans son rapport 2015. Outre l’essor de nouveaux produits de synthèse, le texte s’attarde sur des sites de commerce en ligne dans la droite lignée de Silk Road : trafiquants et consommateurs y échangent des substances illégales, sous couvert d’anonymat.

Difficile d’y échapper avec 40% de la population mondiale connectée au réseau des réseaux. Ainsi en 2013, l’OEDT répertoriait pas moins de 651 sites vendant des substances psychoactives en Europe, tandis que la fermeture de Silk Road par les autorités américaines à la même époque ouvrait la voie à ses héritiers. Le volume global des ventes réalisées par ces plateformes illégales n’est, depuis 2010, pas descendu en dessous de 100 millions de dollars par an.

Le détonateur Silk Road

Loin des sentiers balisés par Google, Internet abrite un réseau parallèle dans lequel gravitent un certain nombre de sites et d’entreprises. L’un de ces chemins de traverse les plus connus s’appelle Tor, un système d’anonymisation des échanges. Ce réseau souterrain permet également d’héberger des sites web, dans le plus grand anonymat, loin des moteurs de recherche traditionnels, mais aussi des forces de police.

Cet Internet bis a une facette peu reluisante : depuis sa naissance en 2001, Tor est principalement connu comme un repaire pour des activités illégales, des ventes de fichiers pédophiles aux marchands d’armes en passant par le deal. C’est sur ce lieu virtuel, à l’abri des regards, que Silk Road a trouvé refuge en 2011. Spécialisé dans la vente de drogue, le site est rapidement devenu incontournable. Durant sa courte existence, il a connu une croissance exceptionnelle et laissé un héritage marquant. Parti de rien en 2011, le site comptait, selon le FBI, 147 000 acheteurs et près de 4 000 vendeurs au moment de sa fermeture en 2013.

En délocalisant en ligne la vente de drogues, Silk Road a changé la donne. Il générait pas moins de 1,3 million de dollars par mois de revenus en 2011 et 2012, et une commission mensuelle approchant 95 000 dollars arrivait dans les poches de ses administrateurs.

Les médias découvrent rapidement la plateforme, fondée par l’américain Ross Ulbricht, et la comparent à un « eBay de la drogue ». L’interface et les fonctionnalités rappellent celles des grands sites de vente en ligne tels qu’Amazon. Nicolas Christin, chercheur français à l’université de Carnegie Mellon (États-Unis), a analysé son fonctionnement : « La nouveauté principale se trouve dans l’intégration de la plupart des fonctions commerciales : système de critiques, processus de paiement en ligne anonyme, messagerie, une offre très largement supérieure en termes de diversité comparée à ce qui se faisait auparavant… ». Le seul service que ne proposait pas la plateforme ? « Le transport, confié la plupart du temps aux services postaux », poursuit-il.

Le succès grandissant de Silk Road a entraîné une mobilisation des autorités américaine et une action du FBI. (Illustration CC BY Surian Soosay)
Le succès grandissant de Silk Road a entraîné une mobilisation des autorités américaine et une action du FBI. (Illustration CC BY Surian Soosay)

Mais en 2011, accéder à Silk Road via Tor pouvait paraître exotique. Paul (le prénom a été changé), un ancien acheteur sur le site, se souvient de la façon dont il a accédé à ce supermarché illégal : « J’ai entendu parler de Silk Road à l’époque où je traînais sur des salons de discussions dédiés aux drogues. C’était encore très confidentiel. J’ai mis du temps pour que quelqu’un me partage l’adresse et m’explique le fonctionnement de Tor. » Alors que Paul écume les communautés dédiées aux psychédéliques depuis 2008, il en vient à vouloir tester d’autres substances. « J’avais déjà essayé la mescaline et les champignons hallucinogènes et je voulais mettre la main sur du LSD, ce qui est très difficile en France. Via Tor c’était largement disponible ! », raconte le jeune homme. C’est sur Silk Road qu’il finit par faire son marché.

Pour éviter les arnaques, ces sites mettent en place un système dit « d’escrow » : l’argent de l’échange est conservé par le site jusqu’à ce que l’acheteur reçoive son colis et valide la transaction. La place de marché a également développé un système de recommandations des utilisateurs afin d’évaluer le sérieux des offres. Ceux qui ont déjà acheté publient un avis sur chaque vendeur et sur le produit reçu, le tout visible sur la page du vendeur. Un procédé qui n’est pas révolutionnaire, rappelant les pratiques d’AirBnB ou de Troc des Trains, mais qui marquait la fin du bouche-à-oreille traditionnel dans le domaine de la vente illégale de drogue en ligne.

Les achats de drogues illicites sur ces places de marché ne s’effectuent pas en euro ou en dollar. C’est le bitcoin, une monnaie virtuelle, qui est le plus souvent utilisé. Une fois la monnaie obtenue, reste la négociation avec les vendeurs. « Certains étaient prêts à fournir des tests de laboratoire », se souvient Paul « surtout parce que beaucoup de produits circulent sans être de vrais produits, mais des produits de synthèse alternatifs ».

Je n’avais pas envie d’avoir affaire à quelqu’un qui vend des opiacés dans la rue

Nicolas Christin résume l’avantage évident de ces sites de vente pour les consommateurs : « Il est en intéressant de noter que la clientèle de ces sites est généralement assez aisée : il s’agit de gens qui veulent avoir accès à des stupéfiants, mais qui rejettent les interactions avec des intermédiaires douteux qui devraient prendre place dans le monde physique pour accéder à ce type de produits. » Paul reconnaît que cette fin de l’échange physique entre vendeur et acheteur, inhérente à ces marchés noirs surnommés les blackmarkets, a été décisive pour lui : « J’ai testé des opiacés. Ça fait partie des choses que j’ai achetées parce que j’avais Silk Road : je n’avais pas particulièrement envie d’avoir affaire à quelqu’un qui vend des opiacés dans la rue. »

En 2013, le FBI fait fermer Silk Road. Malheureusement, la place de marché a déjà fait des émules et d’autres sites similaires se précipitent pour récupérer les acheteurs privés de leur plateforme. Le marché en ligne de la drogue ne connaît pas la crise, malgré les efforts des autorités pour démanteler ces nouveaux venus.

Un repaire pour apprentis sorciers

Internet n’a pas attendu Silk Road pour découvrir la drogue. Le chercheur Mike Power relate ainsi dans l’un de ses ouvrages que l’une des premières transactions en ligne dans les années 1970 date d’Arpanet, l’ancêtre d’Internet. La monnaie d’échange alors utilisée ? De l’herbe. Rien de nouveau, ce que confirme Magali Martinez, chargée d’études du pôle TREND-SINTES au sein de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) : « Au fur et à mesure que s’est développé Arpanet, des groupes de discussions se sont ouverts et une première problématique s’est créée autour de ce sujet : une lutte s’est instaurée entre différents groupes afin de savoir ce que l’on pouvait dire ou pas sur la drogue. »

À l’époque, les discussions restent confinées à un cercle de pharmaciens et d’experts en drogues, précise Magali Martinez qui ajoute : « On est avant les forums, avant les blackmarkets, c’est à l’époque quelque chose d’extrêmement pointu, débattu par des personnes qui ont d’importantes connaissances sur de multiples aspects des drogues et qui suscite pas mal de questionnements chez les interlocuteurs : les chercheurs discutent de méthodes pour améliorer la production de MDMA, mais qu’est-ce qu’il se passe si quelqu’un de mal intentionné tombe dessus ? »

Les utilisateurs des blackmarkets évitent les contacts directs avec des dealers dans la rue. (Illustration CC BY Surian Soosay)
Les utilisateurs des blackmarkets évitent les contacts directs avec des dealers dans la rue. (Illustration CC BY Surian Soosay)

Au fil du temps, le développement d’Internet a permis de populariser de nouveaux produits de synthèse ou NPS. Ces molécules développées en laboratoire jouent sur la zone grise de la légalité : mises sur le marché officiellement à des fins de recherche, elles ne tombent pas sous le coup de la loi. Et lorsque les autorités interdisent une molécule, de nouvelles variantes sont développées et proposées à la vente.

On a vu arriver ces produits chez des publics moins spécialisés et moins experts

Pour les chercheurs de l’OFDT, le phénomène est devenu sensible en 2008, avec l’arrivée sur le marché de la méphédrone, une substance de synthèse dont les effets sont proches de la MDMA ou de l’amphétamine. Depuis, la fréquence des saisies douanières et policières de ces substances va croissant : entre 2008 et 2013, elles sont passées en France de 21 à 1 076 selon l’OFDT« À cette époque, on a vu arriver ces produits chez des publics moins spécialisés et moins experts », explique Magali Martinez, qui note que le phénomène reste le fait d’une minorité d’usagers.

Une prévention entre consommateurs

Vendus sur Internet, les NPS ne nécessitent pas de s’aventurer sur les réseaux parallèles et autres Darknets. Ils sont, de fait, plus accessibles. Les sites de vente en ligne spécialisés, appelés « smartshops », se couvrent en étiquetant leurs produits d’une annotation « Not for Human Consumption » ou impropre à la consommation humaine. Sur les forums, les utilisateurs échangent sur les effets et le dosage des produits via la publication de trip reports, des comptes-rendus détaillés qui décrivent les effets produits par la prise d’une molécule. Histoire de mieux connaître leurs effets et de limiter le risque d’accident.

Avant de faire son marché sur Silk Road, Paul avait notamment fréquenté ces communautés. Il se souvient : « J’ai dû commencer aux alentours de 2008 ou 2009. J’ai découvert ça via les forums et les communautés d’utilisateurs, en même temps que la culture autour des psychédéliques. » Il découvre notamment Alexander Shulgin, l’un des pères de la MDMA, et il lui emprunte quelques grands principes de consommation visant à réduire les risques. « Les pratiques de réduction des risques et l’échange d’information sont le cheval de bataille de ces communautés. Sur Bluelight [l’un des principaux forums anglophones consacrés aux psychédéliques, encore actif aujourd’hui, NDLR], chaque drogue dispose de son propre fil de discussion où les usagers peuvent échanger », précise-t-il.

On sait à peu près ce qu’on achète mais on ne peut jamais être sûr

Vincent Benso, sociologue chargé de la veille sur les pratiques à risque en espace festif pour l’association Techno+, estime que le problème des nouveaux produits de synthèse réside dans la méconnaissance des consommateurs. « Ils sont souvent vendus comme des substitutifs d’autres produits, avec des dénominations du type MDMA-like, cocaïne-like, et souvent moins chers », détaille-t-il. Les magasins en ligne ont beau jouer la carte d’une offre sérieuse et quasi clinique, ce n’est souvent qu’une façade. Thomas Nefau, docteur en pharmacie travaillant pour l’OFDT, met en garde : si certains sites de vente en ligne ont une vitrine proposant une liste de molécules, « toujours présentées pour la recherche chimique et pas pour la consommation humaine, on sait à peu près ce qu’on achète mais on ne peut jamais être sûr ». Il ajoute : « L’analyse des produits révèle parfois des surprises. Et il y a des smartshops qui vendent sous des noms commerciaux, et pour ceux-là, en général, on n’a aucune information sur la nature exacte du produit. » 

L’association Not For Human, qui procède à ce type d’analyse, diffuse des messages d’alerte en cas d’erreur d’étiquetage sur les produits, afin d’informer les usagers sur les pratiques des différentes boutiques en ligne. Sur son site, l’association relaie par exemple des études montrant le potentiel nocif de certains mélanges combinant des végétaux avec des molécules de synthèse. Parfois hasardeux, généralement présentés comme proposant des effets proches de ceux du cannabis, leur composition réelle et les risques potentiels sont impossibles à déterminer pour l’usager.

En ligne, les consommateurs partagent leurs retours d'expérience lorsqu'ils essaient de nouvelles drogues. (Illustration CC BY Surian Soosay)
En ligne, les consommateurs partagent leurs retours d'expérience lorsqu'ils essaient de nouvelles drogues. (Illustration CC BY Surian Soosay)

Un virage numérique délicat pour les associations

Au-delà de l’aide apportée par les forums ou par quelques collectifs comme Not for Human, le tissu associatif peine à accompagner les consommateurs. Alors que 2008 a marqué un tournant majeur pour l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, Vincent Benso, de Techno+, se souvient très bien des premières incursions de la méphédrone en festival. Se présentant comme une alternative aux produits traditionnels, la drogue était vendue de façon bien plus large que les précédentes années. « On a rapidement découvert que la pénurie de MDMA à ce moment-là avait déclenché l’essor de la méphédrone », raconte le sociologue. C’est ce produit phare et la façon dont il se répandait qui a poussé Techno+ à s’intéresser aux échanges sur Internet.

Une personne qui consomme seule, ou en petit groupe, dans un cadre privé, est difficile à observer

Comment réduire les risques face à ces nouveaux modes de vente ? La prévention est d’autant plus difficile que ces circuits de distribution permettent à des usagers de s’approvisionner et d’expérimenter, sans se confronter aux filières traditionnelles de la vente de drogue. Pour Thomas Nefau, de l’OFDT, l’essor de l’offre de stupéfiants sur Internet favorise l’occultation des usagers : « C’est une évidence, on les appelle les usagers cachés. Une personne qui consomme seule ou en petit groupe dans un cadre privé, est difficile à observer. Alors si en plus elle ne fréquente plus des lieux de deal classiques mais achète des produits sur Internet, elle est hors des radars. »

Sortis des circuits plus anciens, les consommateurs de stupéfiants disparaissent donc des spectres de prévention mais aussi de recherche. Les espaces de discussion en ligne ont cependant ouvert d’autres possibilités quant à l’étude des comportements des consommateurs. Magali Martinez, collaboratrice de Thomas Nefau à l’OFDT, y voit une opportunité : « Pour moi ça permet de soulever un peu plus le coin du voile des usagers cachés. Ça peut aider à toucher des gens qu’on ne verrait pas dans les structures traditionnelles. »

C’est l’objet du programme ICI Drogues, mené par l’Association française de réduction des risques, qui rassemblait les différents groupes intervenant sur ce terrain. Le programme s’est penché en 2015 sur la position des associations de prévention face à l’émergence d’Internet. Vincent Benso en était le coordinateur. « On a eu beaucoup de débats sur la stratégie à adopter. Tout le monde ou presque est d’accord pour reconnaître l’utilité des forums d’usagers mais nous pensons qu’ils ne sont pas suffisants : les associations devraient aller chercher les usagers là où ils s’interrogent et pas simplement attendre que les usagers viennent à eux », assène-t-il.

Et le travail ne manque pas. « Sur un site comme jeuxvideo.com, on a pu voir quelque chose comme 50 sujets par jour traitant de drogues ou de questionnements sanitaires vis-à-vis des drogues. Les réponses sont souvent mal informées, parfois même clairement dangereuses », se désole Vincent Benso. Principal site français consacré aux jeux vidéo, les forums de jeuxvideo.com sont particulièrement actifs, avec des fils de discussion traitant de jeux, bien sûr, mais aussi de nombreux sujets de société. Il sont connus pour leur modération complexe autant que pour les fréquents débordements de ses utilisateurs. Outre jeuxvideo.com, d’autres sites très populaires, comme AuFéminin.com ou Doctissimo, font face à ces mêmes interrogations de la part des utilisateurs de leurs forums. Loin des sites spécialisés, le nouvel horizon des associations dédiées à la réduction des risques pourrait donc bien être ces espaces ayant pignon sur rue, mais où les réponses données aux internautes sont parfois loin d’être à la hauteur.

Les usagers des blackmarkets sont difficiles à identifier pour les associations, qui peinent à les accompagner. (Illustration CC BY Surian Soosay)
Les usagers des « blackmarkets » sont difficiles à identifier pour les associations, qui peinent à les accompagner. (Illustration CC BY Surian Soosay)

Si la plupart des associations ont conscience de la nécessité de se positionner sur ces nouveaux espaces de discussions, elles manquent cruellement de moyens. Le sociologue précise : « Il y a pas mal de membres d’associations qui interviennent sur ce terrain, mais ils le font sur leur temps libre. » Pour Vincent Benso, les membres des associations font face à plusieurs difficultés, à commencer par « la virtualité du terrain qui le rend moins réel et cette sortie d’une certaine routine de travail. De plus, on est sur des populations cachées ou peu visibles et c’est plus difficile pour nous d’intervenir. »

Internet est donc le royaume de l’initiative personnelle pour prévenir des risques liés à la prise de drogues. Les communautés spécialisées adoptent généralement de bonnes pratiques et n’hésitent pas à promouvoir les intervenants capables de venir en aide aux usagers. Ainsi, sur les forums de différents blackmarkets, le médecin espagnol Fernando Caudevilla, qui intervenait déjà sur Silkroad, répond aux questions sous le pseudonyme Dr.X. Une activité qu’il voit comme une prolongation de son travail au sein de l’association espagnole Energy Control, qui mène une sensibilisation des usagers et leur offre des tests gratuits pour vérifier la qualité de leurs produits.

Contacté par mail, il revient sur les avantages et inconvénients de son action : « Les conseils en ligne ne peuvent pas remplacer les entretiens en face à face. Mais ils sont peu coûteux et ils permettent de toucher des usagers, tout en assurant leur anonymat et la confidentialité des échanges. » Pour ce médecin, le développement des blackmarkets porte des vertus insoupçonnées, en rendant visibles les retours d’expériences de consommateurs. « Ce que les usagers trouvent sur ces espaces n’est évidemment pas parfait. Mais c’est généralement de meilleure qualité que ce qu’ils pourraient acheter en club ou en rave auprès d’un inconnu à six heures du matin. »

— Journaliste indépendant

Le jour, je suis journaliste spécialisé dans l’informatique et la cybersécurité. La nuit, je dors. Entre les deux, j’aime m’intéresser aux recoins sombres d’Internet et à ses communautés exotiques. Si je suis familier de l’infrastructure et des protocoles qui sous tendent ce réseau, les gens qui s’y promènent restent pour moi une énigme à résoudre.

La Fabrique de l'info

En 2009, j’ai vu émerger sur les forums anglophones plusieurs fils de discussion consacrés au « dark net ». Quelques années plus tard, j’étais aux premières loges pour suivre la chute de Silk Road suite à l’arrestation de son administrateur. J’en ai également profité pour suivre les autres opérations de police visant à faire fermer les plateformes similaires. Mais, trois ans après ces coups d’éclat, j’avais l’étrange sensation que rien n’avait fondamentalement changé. Silk Road, souvent traité dans les médias sous l’angle de ses chiffres ou de la traque de ses administrateurs, a fait office d’arbre qui cache la forêt. Une forêt dans laquelle j’ai décidé d’aller faire un tour, pour voir d’un peu plus près ce qu’il s’y passait.

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