Environnement

L’augmentation des températures, les tempêtes et les sécheresses récurrentes, ou encore les épisodes de pollution ponctuent notre vie quotidienne. Avec le changement climatique, notre société fait face à de nouveaux enjeux. Qu’il est plus qu’urgent de décrypter.

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Benoît Fontaine : « Pour la première fois, une seule espèce est responsable de la disparition des autres »

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Selon deux études publiées conjointement par le CNRS et le MNHN, un tiers des oiseaux a disparu des campagnes et principalement des milieux agricoles en 17 ans. Les espèces les plus concernées par cette disparition sont : le bruant ortolan, le moineau friquet, l’alouette des champs, le cochevis huppé, la fauvette grisette, la perdrix, la caille des blés et la tourterelle des bois.

À l’époque, cet ouvrage écrit par la biologiste et écologiste américaine Rachel Carson a été un vrai succès. En 2007, il a été classé parmi les 25 meilleurs ouvrages scientifiques de tous les temps par la publication américaine Discover Magazine.

L’étude a été publiée l’année dernière dans la revue scientifique Plos One. Les chercheurs ont collecté les données sur 63 réserves naturelles d’Allemagne depuis 1989. Là encore, les pratiques agricoles semblent être mises en cause par certains biologistes, même si le consensus scientifique est parfois difficile à atteindre.

En 2002, le psychologue américain Peter Kahn a défini le concept d’amnésie environnementale générationnelle. Celui-ci s’est inspiré d’une notion développée par l’écologue américain James R.Miller : l’extinction de l’expérience de nature qui explique que le fait de moins vivre au contact de la nature peut avoir un impact sur la prise en compte des risques qui la menacent.

C’est la question que se pose l’INRA depuis plus de dix ans. En 2005, plusieurs chercheurs ont estimé que « la valeur économique de l’activité pollinisatrice des insectes, essentiellement des abeilles, était de 153 milliards d’euros, soit 9,5 % en valeur de l’ensemble de la production alimentaire mondiale. »

Rares sont ceux qui continuent à le nier : la biodiversité de notre planète est menacée. C’est pour répondre à cette urgence que le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot présentera le 18 mai son nouveau « Plan biodiversité ». Benoît Fontaine, biologiste de la conservation au Muséum national d’Histoire naturelle, revient sur les menaces qui planent sur la biodiversité.

Pas une seule semaine ne passe sans qu’une étude ne vienne nous rappeler que telle espèce est en voie de disparition ou que telle autre a déjà disparu. Depuis une trentaine d’années déjà, les scientifiques alertent l’opinion publique et les décideurs politiques sur la « crise de la biodiversité » traversée par nos sociétés. Mais pour quels résultats et quelle prise de conscience ? Quelle est la place de l’individu face à une nature moins riche et diverse que par le passé ? En filigrane de ces interrogations se dessinent des questionnements plus profonds sur le rôle qui peut être le nôtre dans ces écosystèmes, et plus généralement sur Terre.

Biologiste de la conservation au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), Benoît Fontaine partage ces questionnements. Depuis plusieurs années, ce scientifique s’intéresse au suivi d’espèces communes et travaille avec des données collectées par des naturalistes. Il est l’un des chercheurs à avoir publié en mars dernier deux études très médiatisées sur la disparition des oiseaux en milieu agricole. Son travail a fait beaucoup de bruit chez les agriculteurs qui se sont sentis mis en cause par la corrélation entre la disparition de ces espèces et les pratiques agricoles intensives.

Avec son œil de spécialiste et en fin observateur de la nature, il revient sur les origines de la très inquiétante « sixième extinction ». Surtout, il décrypte pourquoi nous avons tant de mal à comprendre les menaces qui pèsent sur la biodiversité et le péril philosophique qu’elles engendrent dans nos sociétés.

pollution

Seveso, AZF… Comment les catastrophes industrielles font bouger le droit

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Seveso, AZF... Autant de catastrophes qui ont laissé un souvenir amer pour ceux qui les ont subies. Si ces accidents industriels ont marqué la mémoire collective et fait beaucoup de dégâts sur l'environnement et la santé, elles ont aussi fait évoluer les réglementations européennes en matière de risques industriels.

« Une marche pour la santé et la justice environnementale ». Partie le 2 mai de Fos-sur-Mer, la « Marche des cobayes » est organisée par une centaine d’associations afin d’alerter les pouvoirs publics sur les liens entre la pollution industrielle et la santé. Tout au long du parcours qui les mènera jusqu’à Bruxelles le 30 juin, les marcheurs feront halte dans des endroits emblématiques des scandales environnementaux : la semaine dernière, ils alertaient des conséquences de la pollution des sols aux métaux lourds à Marseille et de celles du stockage des boues-rouges à Bouc-Bel-Air. Ce 9 mai, ils sont à Saint-Auban et tirent la sonnette d’alarme : en plus d’avoir été dangereuse pour les travailleurs qui ont été exposés à l’amiante, l’usine chimique Arkema fait courir aux rivières voisines de lourds risques de pollution.

Que ce soit à Fos-sur-Mer, à Bouc-Bel-Air ou à Saint-Auban, les accidents ou les pollutions sur lesquels alertent les militants écologistes, ont souvent lieu sur des sites industriels dits « Seveso ». Cette appellation est celle d’une directive européenne de 1982 qui classe et réglemente les industries en fonction de leur dangerosité. Avant d’être le nom d’une réglementation communautaire, Seveso est celui d’une ville italienne qui a été le théâtre, il y a plus de quarante ans, d’une catastrophe industrielle aux conséquences dramatiques.

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recyclage

Du verre au plastique, la consigne fait peau neuve

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500 000 tonnes
de déchets d’emballages évitées chaque année grâce aux bouteilles en verre consignées dans les cafés, hôtels et restaurants français. Partager sur twitter

ADEME, 2011, Consigne pour les emballages de boissons

Gardons le contact

pollution

Stocamine, Cigéo… Cachez ces déchets que nous ne saurions voir

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Pour le projet Cigeo à Bure, comme pour celui de StocaMine en Alsace, la France a choisi d'enfouir ses déchets, qu'ils soient radioactifs ou non. En promettant aux élus locaux et aux habitants que ces deux centres de stockage seront réversibles. Une promesse difficile à tenir.

Que faire des déchets ultimes que nous produisons ? Une question qui revient régulièrement sur le devant de la scène lorsqu’on évoque le projet Cigéo à Bure, et la problématique plus générale de l’enfouissement des déchets, qu’ils soient radioactifs ou non. Pour le moment, et ce, jusqu’au lancement d’un « débat national » qui devrait avoir lieu en fin d’année, les polémiques autour du projet Cigéo et de sa supposée réversibilité semblent s’être atténuées. Car au-delà de toutes les questions éthiques que pose cet enfouissement, selon certains chercheurs, c’est le concept même de l’irréversibilité de Cigéo qui cristallise les oppositions.

Un calme tout relatif puisqu’une autre question épineuse, concernant la réversibilité du stockage des déchets et vieille d’une vingtaine d’années, devrait refaire surface ces prochaines semaines. C’est qu’en Alsace, à 200 km à l’est de Bure, 44 000 tonnes de déchets industriels ultimes (mercure, cyanure, amiante, résidus de pesticides, etc.) ont été enterrées entre 1999 et 2002 à StocaMine, une ancienne mine de potasse. Non radioactifs, ces déchets n’en sont pas moins extrêmement toxiques. Et aux yeux de leurs détracteurs, ils pourraient menacer la plus grande nappe phréatique d’Europe.

Santé

Emballages plastiques : quand les cantines se rebiffent

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À quand la fin des barquettes en plastique dans les cantines scolaires ? Des parents d’élèves se battent depuis de nombreuses années pour obtenir leur interdiction. Une revendication qui pourrait bientôt se transformer en loi.

Les députés français auraient-ils lancé une mini-révolution dans la restauration collective ? En commission Développement durable, le 28 mars, ils ont adopté plusieurs amendements qui pourraient laisser présager des changements significatifs dans les cantines scolaires : 20% de bio obligatoire, diversification de l’origine des protéines, et interdiction d’utiliser des emballages plastiques d’ici 2022. Finies les barquettes en plastiques réchauffées ! Toutes ces propositions, débattues de nouveau le 11 avril, mais cette fois-ci au sein de la commission des Affaires économiques, s’inscrivent dans le cadre du projet de loi sur l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, présenté en conseil des Ministres le 31 janvier. Une législation cruciale, tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs,  fruit des conclusions des états généraux de l’alimentation lancés par Emmanuel Macron l’année dernière.

Les questions autour de la nocivité des emballages plastiques n’ont pas surgi de nulle part. Elles trouvent leur origine dans l’inquiétude suscitée chez les parents d’élèves par les perturbateurs endocriniens. Et ces derniers n’ont pas attendu que les députés s’en emparent pour agir. Dans toute la France, des initiatives se sont multipliés ces dernières années pour interdire le recours aux contenants en plastique dans les cantines scolaires. Poussée par la mobilisation des parents d’élèves, la mairie de Strasbourg est la dernière en date à les avoir bannis des réfectoires, à la rentrée 2017. « L’exemple strasbourgeois démontre en tout cas que quand les citoyens se mobilisent, ils peuvent faire évoluer les politiques vers une meilleure prise en compte des enjeux de santé et d’environnement », soutenait Laura Chatel, chargée de mission chez Zero Waste France, interrogée par Reporterre, suite à la victoire des parents d’élèves.